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1761, 7-8 mars - Charles Bélanger, 39 ans; Angélique Monarque Bélanger, 34 ou 39 ans; Charles Bélanger, 11 ou 15 ans; et Charlotte Bélanger, 11 ans

  • 7 nov. 2024
  • 5 min de lecture

Homicide domestique/Familicide – Armes blanches (couteau et hache) – Mise en scène – Surpuissance

Île Jésus, dans le rang Saint-Elzéar – 1 SC 

François Paul, leur homme engagé, pendu. 

Au cours de la nuit du 7 au 8 mars 1761, François Paul, homme engagé de la famille Bélanger du rang Saint-Elzéar de l'île Jésus, a assassiné Charles Bélanger, 39 ans; sa femme, Angélique, 34 ans; leurs fils, Charles, 11 ans; et une cousine, Charlotte Bélanger, 11 ans. Le carnage a été découvert au matin par des voisins. Charles Bélanger, qui n'était pas encore mort, a eu le temps de dénoncer Paul. Selon un article paru en 1931, Paul aurait mis le feu à la résidence de ses victimes afin de masquer son crime, mais “la Providence se chargea de révéler son forfait. Le grenier qui était rempli de blé, s’affaissa de bonne heure sous l’action des flammes et les cadavres recouverts par le blé échappèrent à la destruction. Ils servirent à constater le crime.”

 Cette preuve a été suffisante pour se lancer aux trousses de ce dernier, qui a été retrouvé alors qu’il se cachait dans les bois environnants. Le suspect a aussitôt été conduit à Ville-Marie où il a été jugé et pendu. Il aurait également avoué son crime. Son cadavre a été encagé et exposé aux vents durant un an en face de la maison où s’est produit le crime. 

Selon Boyer, Paul était un ancien soldat des armées françaises qui avait fini par se retrouver comme garçon de ferme pour la famille Bélanger. Son motif aurait été le vol, puisqu’il voulait s’emparer des économies de Bélanger. Il a donc profité de l’absence de Charles Bélanger « pour égorger et démembrer son fils de 15 ans, Charles. Au cours de la soirée l’épouse du cultivateur, Angélique Monarque, âgée de 39 ans, et sa nièce Charlotte, âgée de 11 ans, sont rentrées à la maison et l’assassin s’est débarrassé d’eux en les assommant et les poignardant. Lorsque le maître de la maison est revenu, Paul lui a donné un coup de hache sur le crâne. » Le croyant mort, le tueur a mis le feu à la maison avant prendre la fuite dans les bois. Le brasier a alerté les voisins, ce qui a permis à ceux-ci de découvrir Charles Bélanger avant qu’il ne meurt. 

Il s’agit vraisemblablement du premier familicide commis en sol québécois et aussi de la première cause de meurtre instruite sous le régime britannique. En 2017, on a donné des représentations théâtrales à l’île des Moulins en s’inspirant de ce crime. Le nom fictif de Jean Marzier était utilisé pour désigner le tueur et une petite vidéo promotionnelle a également été présentée sur Facebook. 



Annexe:

Le texte suivant, reproduit sur la page http://www.belangers.us/murder%20at%20l'ile%20jesus.htm a été publié à l'origine en 1956 écrit par l'abbé J.-Urgel Demers :


« Cependant, si aucun crime n’est signalé dans la seigneurie sous la domination française, nous savons qu’il y en a eu un, et fort retentissant, dès le commencement du régime anglais. Le coupable, avouons-le tout de suite, était un étranger, un ancien soldat de l’armée française, connu sous le nom de François Paul ou Saint-Paul. Son acte abominable fut jugé par la Cour criminelle de Montréal. L’histoire de ce crime atroce, qui avait profondément ému toute la population de l’île, a été transmise de génération en génération par la tradition orale; et il a été confirmé par un document trouvé dans les archives du Séminaire de Québec, qu’on attribue au curé de la paroisse de Saint-Vincent-de-Paul. Il nous est encore rapporté par l’abbé Élie-J. Auclair dans un travail qu’il a donné à la Société Royale du Canada, dont il était membre. En voici la substance :

C’était au lendemain de la conquête du pays par les Anglais, alors que toute la colonie était accablée par la perspective de la ruine nationale. En ces heures de panique générale, bien des gens se laissent aller au désespoir ou à des actes inspirés par la passion. Dans la nuit du 7 au 8 mars 1761, dans le rang Saint-Elzéar, un quadruple crime fut commis, dont le triste héros fut vite appréhendé, jugé, condamné et exécuté.

François Paul ou Saint-Paul, était hébergé à titre de serviteur chez un honnête cultivateur du nom de Charles Bellanger; il avait eu l’occasion d’apprendre où celui-ci cachait ses épargnes et, pour satisfaire sa passion, il ne résista pas à commettre quatre meurtres.

Pour exécuter son forfait, il profita de l’absence de son maître qui était allé veiller chez le voisin, avec son épouse Angelique Monarque (39 ans), et une nièce, Charlotte (11 ans), tandis que le fils Charles (15 ans) vaquait à de petits travaux autour de la maison. Il commença par assaillir et tuer le jeune homme qu’il égorgea et démembra. Lorsque la mère et la fillette arrivèrent au cours de la soirée, il les assomma et les terrassa quoiqu’il eût fort à lutter, et il finit par les atteindre au cœur avec un long coutelas. L’orgie sauvage était à peine terminée que Charles Bellanger lui-même arriva, mais sans défiance, et il reçut en entrant un terrible coup de hache à la tête qui le fit reculer sans l’assommer; alors rageusement la lutte à finir s’engagea et ils roulèrent tous deux sur le parquet, où l’assassin eut le dessus avec son long coutelas.

Le vol commis, il pensa cacher les traces de ses crimes en mettant le feu à la maison et laisser croire que la mort de la famille était due à l’incendie, mais la Providence permit que l’assassinat fût dévoilé et que le coupable paya sa dette dès ici- bas.

En effet, le grenier, à l’étage supérieur de la cuisine, contenait abondamment de grain, et le feu ayant fait enfoncer le plafond avant que les corps ne fussent brûlés, le blé tomba, recouvrant les victimes et préservant ainsi Charles Bellanger, qui put avant d’expirer dénoncer le meurtrier à ceux qui étaient venus au sinistre incendie.

L’accusé Paul St-Jean alias St-Paul, de son vrai nom Jean Marzier dit Valette était originaire de la paroisse St-Paul de Tartas, diocèse de Vivier en Lanquedoc. A dix-huit ans, il s’était engagé dans le régiment de LaSarre, compagnie du Capitaine de Beauclair. Il s’était embarqué à Brest, le 29 mars 1756 pour venir au Canada. [2]

Paul, lui, s’était déjà enfui dans la forêt où il trouva à s’engager comme bûcheron; à la nouvelle de l’horrible forfait ébruité, il fut vite soupçonné puis, convaincu de vol et dénoncé, il avoua tout.

Le président du tribunal, le Major John Beckwith dit à l’accusé de se lever pour le prononcé de la sentence : ‘’La Cour est d’opinion que vous, St-Jean alias St-Paul, autrefois soldat dans le régiment français de LaSarre, vous êtes coupable des crimes portés contre vous. C’est pourquoi, la Cour vous condamne à être pendu par le cou, près de la cité de Montréal, jusqu’à la mort s’ensuive. Après quoi votre corps sera porté près de la place où ces crimes horribles ont été commis, et là, il sera pendu en cage sur un gibet de la même manière que cela est pratiqué en Angleterre, jusqu’à ce que ses os tombent les uns après les autres, comme marque de terreur, à tous ceux qui seraient pris du même mauvais esprit’’

L’accusé fut confiné à une cellule. C’est là qu’un maître forgeron vint  rencontrer le condamné pour prendre les mesures de ce dernier, afin de lui fabriquer une cage. 

La sentence fut exécutée selon la forme et teneur, mercredi le 18 mars 1761 [3] L’aumônier de la prison accompagnait le condamné à mort.

Peu de temps après sa mort, son corps fut transporté en mis en cage. On l’exposa dans un endroit visible de tous ceux qui passeraient par le chemin du Roi à l’Île Jésus, aujourd’hui Laval, le plus près possible du lieu de ses crimes.


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