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1871, 25 mai – Marie Clara DeVilliers, âgée de quelques mois

  • 17 nov. 2024
  • 2 min de lecture
Infanticide par une meurtrière d’âge adulte – empoisonnement

Cacouna, près de l’Île Verte – 1 SC

Marie McGaugh, sa nounou, condamnée à mort, commutation de peine, pardon.

            En août 1870, Marie McGaugh, qui accusait un certain retard mental, a été engagée comme nurse par Charles DeVilliers et sa femme, Marie Angèle[1], qui géraient une ferme située à Cacouna, près de l’Île Verte, ainsi qu’un magasin général. Sa principale fonction était de prendre soin de la petite Marie Clara, âgée d’à peine quelques mois. Les DeVilliers connaissaient le retard mental de leur servante, mais McGaugh avait par ailleurs bonne réputation en plus d’être obéissante. Le 21 mai 1871, la petite Clara est tombée malade, au point de faire des convulsions. Le Dr Paul Granvois a refusé de s’inquiéter et a prescrit quelques médicaments. Le 25 mai, Marie McGaugh a profité du fait que le couple DeVilliers était occupé dans son jardin pour administrer du phosphore au bébé. Léopoldine Martin, une autre servante, celle-là âgée de 11 ans[2], a entendu les cris de la petite victime et elle s’est immédiatement précipitée pour alerter ses patrons.

            En détectant l’odeur infecte dans le bol, les DeVilliers ont compris qu’il s’agissait d’empoisonnement. Incapable de s’expliquer, Marie McGaugh s’est réfugiée dans sa chambre, où elle s’est enfermée pour le reste de la nuit. La petite Clara est morte dans les bras du Dr Granvois. Le lendemain, Marie a tout avoué. Lors de son procès, qui s’est tenu à Rivière-du-Loup en novembre 1871, la défense a choisi de ne pas plaider l’aliénation mentale. Marie a été reconnue coupable et condamnée à mort. Une pétition a finalement convaincu la justice de commuer sa sentence en emprisonnement à vie. Marie McGaugh a donc été envoyée au pénitencier de Kingston, en Ontario. Elle s’est méritée un pardon en septembre 1879.



[1] Marcelle Cinq-Mars, Gibiers de potence, 2016, p. 65, son nom serait plutôt Adéline Dumas DeVilliers.  Cette dernière aurait eu un lien de parenté avec Marie McGaugh car le parrain de celle-ci était le père d’Adéline.

[2] Plutôt 12 ans, selon Cinq-Mars, p. 65.

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