1901, 1er décembre – Marie-Louise Gingras, 37 ans
- 28 juil. 2025
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Filicide – Inanition
Saint-Raymond – 1 SC
François Gingras, son père de 71 ans, et sa femme Marie Auger, 57 ans, acquittés.
Le 1er décembre 1901, c’est dans sa chambre à coucher de Saint-Raymond qu’on a retrouvé le corps de Marie-Louise Gingras, une femme de 37 ans qui, d’après les descriptions, souffrait d’un handicape quelconque. Le père de la victime, François Gingras, un homme âgé de 71 ans, a été arrêté pour meurtre au même titre que sa femme, Marie Auger, 57 ans.
Selon L’Événement, la victime était « idiote depuis sa naissance » et vivait seule avec ses parents sur leur ferme de la ligne township de Gosford, à quelques kilomètres de Saint-Raymond. « Les voisins savaient que la défunte existait, mais c’était tout, ils ne la voyaient jamais, parce qu’elle était détenue comme prisonnière dans la maison de ses parents, qui empêchent les visiteurs de la voir. Il y a douze ans, le curé de la paroisse, le Rév. M. Bergeron, fit des efforts pour induire les parents à faire interner leur fille dans un asile quelconque, mais ils ne voulurent pas en entendre parler pour aucune considération, alléguant qu’ils tenaient trop à leur enfant pour s’en séparer, mais les voisins ont compris que la raison était que les parents de l’infortunée craignaient de payer quelque chose pour son internement. »
Le 2 décembre 1901, l’autopsie a révélé « un petit cadavre sans âge défini, difforme et d’une maigreur extrême. Le cadavre repose sur le côté droit, ce qui semble être sa position la plus naturelle. Les cheveux sont ras, les yeux grands ouverts, placides et la cornée est épaissie, ce qui indiquait une cécité plus ou moins complète. La bouche est grande ouverte. [...] La partie postérieure des cuisses et des jambes offre des traces de matières fécales durcies et la surface plantaire en est croûtée. En somme, l’examen externe ne laisse percevoir aucune trace de violence. »[1] La cause de la mort a été attribué à l’inanition.
Selon le témoignage que Marie Auger, épouse de François Gingras, a livré devant le coroner, Marie-Louise était malade depuis 7 ans. « Jusqu’à trois ou quatre jours avant sa mort on lui faisait prendre des herbages, de la pepermint de jardin et de magasin pour la réchauffer. À venir jusqu’à trois ou quatre jours avant sa mort elle mangeait d’un bon appétit, des fois d’un appétit vorace. Pendant les trois derniers jours elle a mangé une couple de biscuits par jour. Elle était tenue moyennement proprement selon nos moyens. On ne s’attendait pas à sa mort. Cet hiver elle avait commencé à tousser comme les autres hivers. Elle ne toussait pas l’été. Elle a été au lit pendant sept ans. »[2]
Le procès des Gingras s’est tenu en avril 1902. Comme d’autres témoins, Bergeron, qui n’était plus prêtre, est venu raconter ce qu’il savait de l’affaire. Le 22 avril 1902, le couple a été acquitté. Dès la tombée du verdict, Gingras et sa femme ont éclaté en sanglots.
[1] La Patrie, 9 décembre 1901.
[2] La Patrie, 9 décembre 1901.





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