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1905, 11 août – Georges Archambault 

  • 20 nov. 2024
  • 2 min de lecture

Profit personnel –  

Valleyfield – 1 SC 

Dominique Chatigny, prison à vie. 

Le 11 août 1905, Georges Archambault a été assommé et jeté dans un canal, à Valleyfield. Un témoin a entendu des cris, mais lorsqu’il est sorti de chez lui tout était redevenu normal. Le lendemain de la disparition, on a retrouvé la pipe et le chapeau d’Archambault au bord du canal, près de la résidence de Dominique Chatigny. Le même soir, Chatigny était arrêté par le chef de la police de Valleyfield pour avoir créé du désordre en état d’ivresse. En fouillant ses vêtements, le chef Lemieux a découvert sur lui un portefeuille contenant 64$, dont 40$ en banknotes américains. 

Le lendemain, en remettant Chatigny en liberté, on lui a redonné ses effets personnels. Le 13 août, lorsqu’on a finalement repêché le corps d’Archambault, on a vite constaté que son portefeuille avait disparu. Pendant l’enquête de coroner, Dominique Chatigny, qui était connu pour n’avoir jamais possédé de portefuille, a nié l’existence de l’objet. Toutefois, le chef Lemieux a fait une description détaillée du portefeuille qu’il avait lui-même trouvé dans les poches de Chatigny. Un détective du nom de Boissonnault, envoyé par McCaskill, a refait le trajet emprunté par la victime en plus d’interroger Chatigny à l’intérieur de l’hôtel Windsor. Puisque les vêtements du suspect étaient propres, Boissonnault a eu une idée. Il s’est rendu voir la femme de Chatigny pour lui demander des chemises de rechange pour son mari. Sans se douter qu’il pouvait s’agir d’une stratégie quelconque, celle-ci a déposé sur la table une chemise qui était souillée d’une tache brunâtre s’apparentant à du sang séché. 

Le procès de Chatigny s’est déroulé en mars 1906. Le Dr W. Laroche a expliqué que la blessure retrouvée à la tête de la victime aurait pu être causé par une chute, au moment de tomber dans l’eau par exemple. Pendant le procès, la Cour s’est déplacée sur les lieux afin de constater l’endroit où Archambault avait perdu la vie. Dès lors, le juge a déclaré que le seul verdict possible pouvant être rendu contre l’accusé était celui d’homicide involontaire, ce qui a poussé La Presse à écrire que « Chatigny ne montera pas à l’échafaud ». Le lendemain, 16 mars, Chatigny était condamné à la prison à vie. Toujours selon La Presse : « Chatigny continue à blasphémer contre tout le monde : il a dit, en parlant de l’honorable juge Saint-Pierre : « Le c… il ne veut pas me donner de chance d’aller en appel, puisqu’il m’a « sentencé ». « Formé à l’école des criminels du bagne, où il a déjà passé dix ans, il a encore l’audace de se dire innocent en dépit de la preuve écrasante, irréfutable que Mtre McAvoy a dressée contre lui. » 

L’article a souligné la misère endurée par l’épouse de Chatigny, qui allait devoir continuer de travailler dur à l’usine afin de faire vivre ses enfants. En disant au revoir à ses enfants, Chatigny aurait versé quelques larmes. 

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