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1941, 3 juin – Lucienne Boulé Simoneau, 34 ans

  • 30 déc. 2024
  • 3 min de lecture
Homicide domestique par un conjoint suicidaire – Arme blanche

Montréal, 330 Est Lagauchetière – 1 SC

Arthur Simoneau, le conjoint, 37 ans, pendu.

            Dans son édition du 3 juin 1941, La Patrie annonçait qu’un soldat venait de tuer sa femme à coups de ciseaux. On pouvait également y lire que « poussé par la jalousie après avoir attendu sa femme pendant toute la nuit, un soldat en permission a, peu avant sept heures, ce matin, tué sa compagne après l’avoir d’abord assommée ».

La victime était Lucienne Boulé Simoneau, 34 ans. Elle habitait au 330 est Lagauchetière à Montréal. C’est aussi là que s’est produit le crime. Elle était mariée à Arthur Simoneau, 37 ans, un soldat du régiment de Maisonneuve. Après avoir tué sa femme, il a tenté de se trancher la gorge avec les ciseaux. N’y parvenant pas, il a ingurgité une quantité indéterminée de désinfectant mais lorsqu’il a entendu passer sa voisine, il a ouvert la porte de son appartement pour lui annoncer le crime qu’il venait de commettre. « Je viens de tuer Lucienne, appelez la police », aurait-il lancé.

            La voisine de 22 ans, Ida Guay[1], est descendu au logement de ce dernier pour appeler les policiers. Peu après, les agents Lajoie et Charbonneau sont arrivé à bord de leur voiture de patrouille no. 21, suivis par le lieutenant-détective Alain de l’escouade des homicides. Sans un mot, Simoneau s’est laissé arrêter et conduire au poste, omettant de mentionner le poison qu’il avait bu.

Vers 9h00, le policier de garde aux cellules a remarqué que Simoneau commençait à souffrir. On l’a transporté à l’hôpital Saint-Luc. La Patrie a mentionné que son « état semble assez grave. » De plus, le couple avait six enfants, dont quatre étaient placés dans différents foyers alors que les deux autres habitaient avec eux.

Ayant obtenu son congé de l’armée, Simoneau serait rentré chez lui au cours de la soirée du 2 juin pour constater que sa femme était sortie. Il l’aurait donc attendu toute la nuit puisque Lucienne n’est revenue qu’à 6h00 du matin pour se coucher et s’endormir rapidement. « Poussée [sic] par la jalousie, le soldat l’assomma avec une brique durant son sommeil. S’emparant alors d’une paire de ciseaux qui était dans la chambre, Simoneau coupa la gorge de sa femme évanouie. Il prit ensuite les ciseaux, s’en servant comme d’un poignard, et, enragé, darda sa victime à plusieurs reprises dans l’estomac. »[2]

            Le procès de Simoneau s’est déroulé du 20 au 22 octobre 1941 au palais de justice de Montréal devant le juge Wilfrid Lazure. L’accusé était défendu par Me Richard Robert alors que la Couronne était représentée par Me Gérald Fauteux. Lorsque le jury l’a déclaré coupable, le visage de Simoneau pâlit. Il n’a rien déclaré, mais le juge lui a servi ce sermon : « Je regrette d’avoir à prononcer cette sentence contre vous, Simoneau, mais dans un verdict de meurtre je n’ai pas d’autre alternative que de vous condamner à la peine capitale. Vous ne pouvez pas dire que votre procès n’a pas été bien conduit. Votre avocat, Me Richard Robert, s’est évertué à trouver un moyen de vous faire libérer, mais vous admettrez que votre témoignage et vos aveux ont suffi pour convaincre le jury. Vous êtes le seul à blâmer dans toute l’affaire. Je vous condamne donc à être reconduit dans la prison commune, d’où vous venez, et là, le 23 janvier prochain, à y être pendu par le cou jusqu’à ce que mort s’ensuive. Que Dieu ait pitié de votre âme. »

À 6h30 au matin du 23 janvier 1942, il a été pendu. « Depuis le moment de son arrestation Simoneau s’était montré entièrement indifférent à son sort et cela fut apparemment la principale raison du refus de commutation de sa peine par les autorités, car il refusa jusqu’à la fin de signer toute demande de grâce. Il refusa même de signer une pétition qui avait été préparée par son avocat, Me Richard Robert. »[3]

Selon La Patrie, le juge Wilfrid Lazure et William Gallagher du département des Pardons à Ottawa étaient venu le rencontrer dans sa cellule pour tenter de le convaincre de signer la pétition, mais sans le moindre succès. « Simoneau se montra intransigeant et refusa de voir ces visiteurs : c’était son privilège comme condamné à mort. Sans la pétition, le gouvernement fédéral ne pouvait rien faire, car il n’avait rien d’officiel à considérer. »[4] La Patrie aura ce dernier commentaire à propos de Simoneau : « il était convaincu que, même sans ce meurtre, la vie avait été une tragédie pour lui, et il semblait satisfait d’en finir. »



[1] Elle était aussi la nièce du propriétaire de l’immeuble, Wilfrid Dupont.

[2] La Patrie, 3 juin 1941.

[3] La Patrie, 23 janvier 1942.

[4] Ibid.

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