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1989, 6 décembre 1989 - Geneviève Bergeron, 21 ans; et 13 autres victimes...

  • 4 nov. 2024
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 nov. 2024



Homicide extrémiste socio-politique – Tuerie de masse – Arme à feu 
Montréal, Polytechnique – 1 SC145 
Marc Lépine, s’est suicidé après avoir commis son crime. 

Marc Lépine, de son vrai nom Gamil Rodrigue Liess Gharbi, est né le 26 octobre 1964 vers 20h00 d’une mère québécoise et d’un père algérien. Après trois avortements, il s’agissait de la première naissance que Monique Lépine menait à terme. Le père, infidèle, ne s’occupait pas de ses enfants et multipliait plutôt les conquêtes féminines. Monique avait peur de son mari et elle lui était complètement soumise, jusqu’à ce qu’elle découvre ses infidélités. On l’a décrit comme quelqu’un de colérique et d’envahissant. Dans le livre qu’elle a écrit en 2008, Monique n’entre pas dans les détails mais révèle qu’il a été violent envers elle et les enfants. Dès l’âge de 2 ans, le petite Marc avait commencé à se replier sur lui-même. Il s’en est pris à Marc en 1970, et l’année suivante Monique se séparait de ce mari malsain. Marc n’a plus jamais revu son père. 

Quant à Nadia, la sœur cadette de Marc, elle a sombré dans la drogue, au point d’être confiée à la DPJ dès l’âge de 14 ans. Sa mère a écrit que sa fille était allée jusqu’à se prostituer pour se payer de la drogue. Toutefois, elle a affirmé que Marc l’aidait beaucoup dans les travaux à la maison. Il s’était réjoui lorsque sa sœur avait été confiée à la DPJ en 1981, car celle-ci se moquait constamment de lui, en plus de l’humilier devant les autres. Nadia est décédée des conséquences de ses abus de drogue en 1996. 

Monique Lépine a voué dans son livre qu’elle était très exigeante envers elle-même. Elle a écrit que son fils « était un bon petit garçon qui n’avait aucun problème psychiatrique. Il était un élève surdoué qui réussissait à obtenir des notes de cent pour cent à ses examens de mathématiques au collège. »146 Monique Lépine était sortie du couvent à l’âge de 23 ans. Si ensuite elle a rejeté la religion durant plusieurs années, elle a fini par se raccrocher à une autre forme de religion. pour sa part, son fils Marc se disait athée. Il avait une démarche désinvolte, et vivait en colocation dans un petit appartement et dormait sur un divan-lit. En 1983, sa mère lui a trouvé un emploi à l’hôpital Saint-Jude de Laval, où il a rempli la fonction de préposé et d’entretien ménager. Selon ses collègues de travail, « Marc avait beau avoir 20 ans, il conservait toujours le comportement d’un adolescent en quête d’une identité. Il était perçu par ceux et celles qui le côtoyaient comme un être original, parfois trop bruyant, qui adorait s’esclaffer et se faire remarquer en public. Certains l’appelaient le fatiguant ou le « flyé », tellement il détonnait de ses compagnons. D’autres l’avaient baptisé James Bond, à cause de son intelligence supérieure à la moyenne et de son goût exagéré pour les énigmes indéchiffrables qu’il soumettait régulièrement à ceux qu’il croisait. » 

Sa mère a également dit qu’il était timide avec les femmes mais insistait pourtant pour passer le plus clair du temps de ses pauses en compagnie de collègues féminines. « Tout le monde savait qu’il avait le béguin pour l’une d’entre elles, mais il n’a jamais osé lui dire. » En 1984, il a été congédié parce qu’il ne respectait pas l’autorité et qu’il tenait tête à ses supérieurs. Sa mère précisera que Marc « a claqué la porte avec rage. »  

« Il aimait beaucoup les livres et en était devenu maniaque. Il s’endormait souvent en lisant le dictionnaire, comme s’il avait dû tout savoir, pour être quelqu’un de parfait. […] Il recevait des prestations de l’assurance-emploi et tentait de terminer deux cours au collège pour être admis à l’université. Il n’était pas dépensier et devait se priver pour payer son loyer. » Elle le disait grand amateur de lecture sur la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des films sur le même sujet. Vers la fin de novembre 1989, son comportement a changé. Il paraissait amaigri, les yeux cernés, la barbe longue et les cheveux sales. Un ami l’a vu en train de regarder un film sur les kamikazes japonais durant la guerre et d’en vanter leur courage. Il aurait également confié à l’un d’entre eux son admiration pour Adolf Hitler. 

Le 6 décembre 1989, juste avant de mettre son projet à exécution, Marc Lépine rédigé cette lettre : 



Excusez les fautes. J’avais 15 minutes pour l’écrire (Voir aussi Annexe). Veillez noter que si je me suicide aujourd’hui 89/12/06 ce n’est pas pour des raisons économiques (car j’ai attendu d’avoir épuisé tous mes moyens financiers refusant même de l’emploi) mais bien pour des raisons politiques. Car j’ai décidé d’envoyer Ad Patres les féministes qui m’ont toujours gaché la vie. Depuis 7 ans que la vie ne m’apporte plus de joie et étant totalement blasé, j’ai décidé de mettre des bâtons dans les roues à ces viragos. J’avais déjà essayé dans ma jeunesse de m’engager dans les Forces comme élève-officier, ce qui m’aurais permis de possiblement pénétrer dans l’arsenal et de procédé [comme l’a fait] Lortie dans une rassia. Ils m’ont refusé because associal. J’ai donc attendu jusqu’à ce jour pour mettre à exécution mes projets. Entre temps, j’ai continué me sétudes au grès du vent car elles ne m’ont jamais intéressée sachant mon destin à l’avance. Ce qui ne m’a pas empêcher d’avoir de très bonnes notes malgré ma théorie de travaux non remis ainsi que la carence d’étude avant les examens. Même si l’épitète Tireur Fou va m’être attribué dans les médias, je me considèere comme un érudit rationnel que seul la venu[e] de la Faucheuse on ammené à posé des gestes extrèmistes. Car pourquoi persévéré à exister si ce n’est que faire plaisir au gouvernement. Étant plutôt passéiste (Exception la science) de nature, les féministes ont toujours eux le dont de me faire rager. Elles veulent conserver les avantages des femmes (ex. assurances moins cher, congé de maternité prolongé précédé d’un retrait préventif, etc.) tout en s’accaparant de ceux des hommes. Ainsi c’est une vérité de la palice que si les Jeux olympiques enlevaient la distinction Homme/Femme, il n’y aurait de Femmes que dans les compétitions gracieuses. Donc les féministes ne se battent pas pour enlever cette barrière. Elles sont tellement opportunistes qu’elles ne négligent pas de profiter des connaissances accumuler par les hommes au cours de l’histoire. Elles essai toutefois de travestir celles-ci toute les fois qu’elles le peuvent. Ainsi l’autre jour j’ai entendu qu’on honoraient les canadiens et canadiennes qui ont combattus au front pendant les guerres mondiales. Comment expliquer cela alors que les femmes n’étaient pas autorisés à aller au front? Va-t-on entendre parler des légionnaires et galériennes de César qui naturellement occuperont 50% des effectifs de l’histoire malgré qu’elles n’a jamais exister. Un vrai Casus Belli. 

Désoler pour cette trop compendieuse lettre. 

Marc Lépine



 

L’annexe contenait une liste de 19 noms de femmes. La Presse a publié la lettre le 24 novembre 1990, mais en retirant cependant les noms de ces 19 femmes. Lépine terminait ensuite par ce court paragraphe : « Ont toutes Failli disparaître aujourd’hui. Le manque de temps (car je m’y suis mis trop tard (à permis que ces féministes radicals survives. Alea Jacta Est. » 

Selon le rapport du coroner, Marc Lépine a été aperçu au bureau du registraire de la Polytechnique, le 6 décembre 1989, de 16h00 à 16h40. « Il est assis sur le banc dans l’entrée du local tout près de la porte et, par sa position, nuit à l’accès de ce département très fréquenté par les étudiants. En effet, il est assis de manière à rendre difficile l’entrée au local. À plusieurs occasions, il est vu fouillant dans un sac en plastique vert qu’il tient à côté de lui et dont il semble vouloir cacher le contenu. Il ne parle à personne et, aucun des étudiants ne lui adresse la parole. À un moment donné, une des employées qui travaille au comptoir lui demande si elle peut l’aider. Il ne répond pas et il quitte les lieux. »147 

Vers 16h45, il est aperçu dans un corridor du 3e étage, « tenant un sac de plastique noir avec un objet long à l’intérieur et un petit sac en plastique blanc. Il est vêtu d’une paire de jeans bleu et porte des bottes « Kodiak ». » On le voit ensuite au 2e étage alors qu’il se dirige vers le local C-230.4. « À 17h10, Lépine entre dans le local C-230.4 et se dirige vers un étudiant qui fait un exposé. Lépine tient une carabine des deux mains. Il s’approche de cet étudiant et dit : « Tout l’monde arrête tout ». Il tire soudainement un coup de feu au plafond et dit : « Séparez-vous les filles à gauche et les gars à droite ». Personne ne réagit à son ordre. Il répète les mêmes paroles d’un ton beaucoup plus autoritaire. Les étudiants se séparent alors, mais dans l’énervement, les filles et les garçons se mélangent en groupe. Il pointe de la main droite le côté droit de la classe, soit le côté près de la porte, et dit aux garçons de se diriger à cet endroit. Puis, il indique de la main gauche le point arrière gauche de la classe et demande aux filles de s’y diriger. Après que les groupes se soient séparés, il leur dit : « OK les gars, sortez, les filles, restez là ». Pendant la sortie des garçons, il leur dit : « Grouillez-vous le cul ». Ils sortent en courant et s’enfuient dans différentes directions. On pense que c’est une farce de fin de session et que l’agresseur tire des balles à blanc. »148 

Dans le local, 9 jeunes femmes se trouvaient enfermées avec Lépine. En s’avançant vers elles, « il leur dit : « Savez-vous pourquoi vous êtes là[?] ». L’une d’elles lui répond « non ». Il lui réplique « je lutte contre le féminisme ». Cette même élève lui ajoute « nous ne sommes pas des féministes, on a jamais lutté contre des hommes ». Il se met immédiatement à tirer de gauche à droite sur le groupe. » 

Il quitte les lieux après avoir tiré une trentaine de coups, laissant derrière lui les neuf femmes grièvement blessées. Six d’entre elles succomberont à leurs blessures. Pendant ce temps, Lépine ouvre le feu dans le local des photocopieuses, où il blesse une fille et un garçon. Puis il revient sur ses pas, entrant dans le local C-228. « Il regarde les personnes présentes et vise une élève au fond du local tentant de la tirer à deux reprises sans que son arme ne fonctionne. » Finalement, il abandonne cette idée et s’éloigne. 

Près du local C-229, il semble recharger son arme. « Au même moment, un étudiant qui descend du deuxième étage par l’escalier de secours, arrive face à face avec lui. Il entend Lépine dire « Oh Shit, j’ai pu de balles ». Cet étudiant le bouscule accidentellement et continue dans le corridor vers les photocopieuses. Apercevant trois personnes étendues au sol, il se retourne et regarde Lépine qui recharge son arme. Lorsqu’il l’aperçoit en train de relever son arme, il quitte en courant et s’engage dans les escaliers mobiles en se dirigeant à la cafétéria. Il entend alors un coup de feu. » 

En retournant au local C-228, Lépine se retrouve devant une porte verrouillée. Il tire trois coups de feu dans la porte mais ne parvient pas à l’ouvrir. Il continue alors de se balader dans l’école pour poursuivre son massacre. Au local des services financiers, une jeune femme réussit à se réfugier derrière une porte qu’elle ferme devant le tireur, mais Lépine parvient tout de même à la tuer en tirant à travers une vitre. Il est 17h20 lorsque Lépine entre dans la cafétéria. Une centaine de personnes s’y trouvent encore. Il y tue rapidement une autre étudiante. Lépine continuera de faire des morts et des blessés un peu partout dans l’école. Le bilan sera finalement de 14 femmes tuées et autant de blessés. 

Lépine, qui a utilisé une M-14 pour commettre son massacre, s’enlève la vie sur place avec la même arme. 

Après la tuerie, la mère de Marc Lépine a fait le ménage de son appartement. Elle dira y avoir fracassé la réplique d’un crâne humaine. Dans une lettre laissée à un ami, Lépine affirmait que l’explication de son crime se cachait dans son appartement. Un papier dissimulé dans une fente du plancher conduisait à un livre dans sa bibliothèque. Entre deux pages, un autre mot disait qu’on découvrirait ses dernières volontés et objets au fond d’une malle. Selon sa mère, cette malle ne contenait que des jeux et des appareils électroniques. Sa mère a trouvé une autre lettre dans ses relevés scolaires, et qui commençait par « Désolé, c’était inévitable. » 

Dans un livre qu’elle a écrit en 2008 en collaboration avec le journaliste Harold Gagné, la mère de Marc Lépine a souligné : « La journée du 6 décembre s’est déroulée très rapidement, sans que je puisse me douter qu’un terrible drame était en préparation. Après les coucher du soleil, j’ai redécouvert, comme à l’habitude, mon petit appartement dans le quartier Centre-Sud. À l’heure du souper, pour oublier ma solitude, j’ai allumé mon téléviseur. Les premières images montraient des policiers et des ambulanciers paniqués qui couraient dans la neige. Ils sortaient des blessés de l’École polytechnique pendant que des reporters, éberlués, tentaient d’expliquer à leur public ce qui se passait. Selon les premières informations, au moins un individu avait ouvert le feu sur plusieurs étudiantes en génie et s’était enlevé la vie. J’étais atterrée par cette nouvelle et par la bêtise de cet homme. » 

Le lendemain, Monique Lépine a passé sa journée à se laisser hanter par ce drame sans même savoir que son fils en était responsable. C’est en rentrant à son bureau, au soir du 7 décembre, qu’on lui a appris la nouvelle. Des enquêteurs s’empressèrent de la raccompagner chez elle pour obtenir une photo de Marc afin de la diffuser dès le lendemain dans tous les médias. 

En 2009, le cinéaste québécois de réputation mondiale Denis Villeneuve présentait Polytechnique, un film touchant et authentique relatant les faits de cette tuerie. La survivante Nathalie Provost a également milité pour un meilleur contrôle des armes à feu. 

Les 14 victimes de Polytechnique étaient: Geneviève Bergeron 21 ans, Hélène Colgan 23 ans, Nathalie Croteau 23 ans, Barbara Daigneault 22 ans, Anne-Marie Edward 21 ans, Maud Haviernick 29 ans, Barbara Klucznik-Widajewicz 31 ans, Maryse Laganière 25 ans, Maryse Leclair 23 ans, Anne-Marie Lemay 22 ans, Sonia Pelletier 28 ans, Michèle Richard 21 ans, Annie St-Arneault 23 ans, et Annie Turcotte 20 ans  


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