2020, 31 octobre – François Duchesne, 56 ans; et Suzanne Clermont, 61 ans
- 9 avr. 2025
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Meurtre d’autorité – Arme blanche (sabre japonais (Katana) - Tueur de masse - Surpuissance
Québec, Vieux Québec - Plusieurs SC
Carl Girouard, 24 ans, prison à vie.
Au cours de la soirée du 31 octobre 2020, c’était non seulement la fête d’Halloween mais c’était aussi la pleine lune. Parti de la région de Montréal, Carl Girouard, 24 ans, débarquait dans le Vieux-Québec, déguisé en samouraï et avec un sabre de style japonais à la main. Motivé par une idée bien à lui qu’il s’était fabriqué à partir de certains jeux vidéo, Girouard a commencé à utiliser son sabre pour s’attaquer à des gens au hasard de sa promenade. N'ayant pu blesser sa première victime (Rémy Bélanger) comme il l’aurait souhaité, sa rage a augmenté et elle a atteint un sommet lorsqu’il s’est retrouvé devant François Duchesne, un homme de 56 ans. Il était alors 22h30 environ. Duchesne était directeur des communications au Musée national des Beau-Arts du Québec (MNBAQ).
Après l’avoir terrassé de plusieurs coups de sabre, Girouard a continué sa tournée meurtrière. Plus loin, il s’en prenait à Suzanne Clermont, 61 ans. Au total, il a tué deux personnes en plus d’avoir essayé d’en tuer cinq autres. On peut donc présumer qu’il souhaitait s’en prendre au plus grand nombre de personnes possible, ce qui pourrait faire de lui l’un des rares tueurs de masse à avoir agi avec une arme blanche. Toutefois, selon nos critières, il se classerait davantage parmi les tueurs à la chaîne, souvent marqués par la drogue ou la maladie mentale.
Lors de son procès, en avril 2022, il est apparu que Girouard mélangeait la réalité avec celle des jeux vidéo. Depuis l’âge de 18 ans, il s’était donné une sorte de mission qui consistait, ni plus ni moins, à tuer des gens. Le soir de l’Halloween 2020, alors qu’il faisait pleine lune, son costume de samouraï est devenu une façon de rendre le monde meilleur, tel qu’il l’avait imaginé. Girouard était aussi un jeune homme isolé, sans vie sociale et qui collectionnait les armes blanches.
Il voyait le Vieux-Québec comme la mise en scène de ses jeux vidéo. Il a donc quitté Sainte-Thérèse avec son sabre. À son arrivée à Québec, il s’est d’abord senti angoissé, a-t-il expliqué aux jurés. Lorsqu’il est arrivé près du Château Frontenac, il a rebroussé chemin une première fois. Son objectif initial était d’ailleurs d’entrer au Château et d’y faire le plus de victimes possibles, ce qui ressemble étrangement à la motivation d’un tueur de masse, tout comme l’idée du costume (voir Denis Lortie, Kimveer Gill).
Le jeune tueur aurait réalisé l’absurdité de “sa mission” après sa deuxième victime, Suzanne Clermont, 61 ans. Lors de l’autopsie, on a dénombré sur elle 22 plaies. Après cette attaque, son rythme a modéré. Plus loin, cependant, il s’en est pris à quatre jeunes.
Girouard a dit au jury qu’il avait prévu mourir au bout de sa mission. Il avait pensé à se faire tirer par la police, mais il s’est contredit en disant que, finalement, il ne voulait pas mourir. L’enjeu du procès reposait sur l’état mental de l’accusé car Girouard admettait ses crimes. En juin 2022, Girouard a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 2045.
Carl Girouard est la preuve, très rare soit-dit en passant, que les tueurs de masse n’agissent pas toujours avec des armes à feu. En effet, il est clair que la motivation initiale de Girouard était de tuer beaucoup de gens. En fait, il en a tué deux et a tenté physiquement d’en tuer cinq autres. D'un autre côté, on pourrait aussi le confondre avec la catégorie des tueurs à la chaîne, qui font plusieurs victimes en se déplaçant. Certains tueurs viennent de plus en plus redéfinir ces deux catégories (tout comme le tueur de Portapique, en Nouvelle-Écosse, qui a fait 22 victimes les 18 et 19 avril 2020. Lui aussi s’est déplacé plusieurs fois, mais dans un même secteur toutefois).





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