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1959, 8 août - Arthur Grenier, 14 ans

  • 4 nov. 2024
  • 3 min de lecture


Infanticide par un meurtrier d’âge adulte – Strangulation – Objet contondant (pierre) – Mise en scène
Gaspésie, Pabos Mills, près de Chandler - ? SC
Camille Lantin, 22 ans, condamné à mort, sentence commuée.
            Le 8 août 1959, après avoir soupé vers 16h00, Arthur Grenier, 14 ans, est allé s’acheter un cornet de crème glacée au restaurant Robert Blais situé près de chez lui, à Pabos Mills, près de Chandler, en Gaspésie. C’est sa grand-mère qui lui avait donné le 10¢ nécessaire à cette gâterie. À 19h30, il quittait le restaurant pour se rendre chez Mme Fernand Blais et ensuite chez Edmond Blais. C’est là qu’il a appris que Camille Lantin, un jeune homme de 22 ans, y était venu voir sa copine Claudine, la fille d’Edmond Blais. Toutefois, celle-ci avait refusé de le voir. Elle était restée enfermée dans sa chambre. Le jeune Grenier, qui trouvait bien drôle cette situation, est sorti pour se rendre chez un dénommé Edmond Hunt. Ce dernier lui a confié 25¢ qu’il devait à Salvator, le fils de Blais. Par la suite, Arthur a disparu.
Après un certain temps, on a commencé à envisager la possibilité qu’il ait rencontré Lantin en chemin et l’aurait taquiné à propos de cette situation concernant ses relations avec Claudine Blais. C’est en dressant une simple liste des ivrognes habitués du samedi soir que les détectives Fradette et Vanhoutte sont tombé sur leur suspect. Après avoir libéré le premier de la liste, ils ont interrogé Lantin. « Accompagné du détective Vanhoutte, le sergent Fradette se présente à la demeure de Lantin. Il n’a même pas à descendre de son auto, car Lantin l’a vu venir, et il monte de lui-même dans la voiture du policier. »[1] Naturellement, Lantin leur dit ensuite : « je savais que tu viendrais et je t’attendais. J’ai même été te voir hier et t’étais pas là. » C’est en immobilisant la voiture, à quelques kilomètres plus loin, que Lantin leur a finalement tout raconté. Les policiers ont apparemment eu du mal à lui couper la parole pour lui lire ses droits, après quoi Lantin a accepté de leur expliquer à nouveau la même chose, cette fois légalement. L’autopsie a confirmé que la strangulation était la cause de la mort et que la victime n’avait pas été agressée sexuellement.
Lorsqu’il en avait eu assez de ses moqueries, Lantin aurait assommé le garçon à l’aide d’un coup de poing avant de le traîner dans un boisé, où il s’était servi d’une pierre pour le frapper violemment à l’œil droit. Finalement, il avait retiré l’un des lacets des bottes de sa victime pour s’en servir afin de l’étrangler. Ce n’est que deux jours plus tard que le corps de l’adolescent a été retrouvé, le long d’un sentier conduisant à la baie de Chandler. À 7h30 le lundi matin 10 août, Christian Grenier se rendait au bord de la baie des Chaleurs avec son chien lorsqu’il a aperçu l’une des bottines de la victime en bordure du sentier. Rapidement, les policiers sont débarqués sur les lieux, incluant le coroner et le fourgon de la morgue Fortin & Fils de Chandler. Le lacet, enroulé par deux fois, se trouvait toujours autour de son cou. Près de lui on a retrouvé le 25¢ qu’il devait remettre à Salvator Blais, mais aussi un briquet et un scapulaire. L’assassin avait également tenté de masquer le corps avec des branches. 
            Interrogé par les détectives Jules Fradette et Jean-Charles Vanhoutte, Lantin a dit que « c’est moi qui l’ai tué parce qu’il me bâd[r]ait tout le temps, quand j’étais chaud, par rapport à ma blonde. »[2] L’année précédente, on avait dû passer la camisole de force à Lantin après qu’il ait eu perdu la tête à la suite d’une beuverie. Un envoyé spécial d’Allô Police n’a pas manqué de dénigrer les gaspésiens en écrivant que, là-bas, tout le monde se connaissait plus ou moins puisqu’on se mariait entre cousins et cousines, et qu’on buvait trop.
Le procès de Lantin a été entendu les 28 et 29 septembre 1959 à Percé, en Gaspésie, devant le juge Antoine Lacoursière. Reconnu coupable, son exécution a été fixée au 18 décembre 1959 avant que sa peine soit finalement commuée en emprisonnement à vie.

[1] Allô Police, 23 août 1959.
[2] Allô Police, 23 août 1959.

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