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1962, 1er mai - Bernadette Rochon, 83 ans

  • 8 nov. 2024
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 juil. 2025



Homicide sexuel envers une personne âgée – Asphyxie – Mise en scène

Hull, 100 Hôtel-de-Ville – 1 SC

Gilles Laurin, 22 ans, inconnu de sa victime, condamné à mort, sentence commuée.

            Au matin du 1er mai 1962, vers 8h00, des ouvriers en démolition (Raymond Bard, Jean-Charles Bard et Roger Beaudin) faisaient la découverte du corps à demi-nu d’une dame de 83 ans sur la galerie d’une maison abandonnée située au 100 Hôtel-de-ville, à Hull. Ce secteur exproprié avait pourtant été vidé de ses occupants depuis environ un mois. La vieille dame était étendue sur le dos et « son manteau de même que sa robe étaient relevés jusqu’à la taille. Sa culotte était déchirée et le goulot d’une bouteille de liqueur douce (Pepsi) était enfoncé entre ses cuisses. Une entaille, au front, avait fait couler le sang en abondance. »[1]

            Dans un sac à main retrouvé au bas de la véranda, les policiers ont découvert une clé et un petit livre de prière dans lequel on avait inscrit : Mlle Bernadette Rochon, 79 Eddy, appartement 6, Hull. On venait d’identifier la victime. La bouteille de Pepsi a été confiée aux experts de la GRC d’Ottawa, tandis que le corps a été envoyé au Dr Jean-Marie Roussel à Montréal pour lui permettre de pratiquer l’autopsie. À l’appartement 6, que la clé a permis d’ouvrir sans difficulté, les policiers sont tombés sur M. Aldora Bélanger, le neveu de Bernadette. Celui-ci a expliqué qu’il habitait avec elle. Il se souvenait s’être couché la veille vers 22h30 sans avoir revu sa tante. Il a raconté que Bernadette craignait de sortir de chez elle, même durant le jour puisqu’elle était un peu sourde et qu’elle n’entendait pas bien les voitures circuler autour d’elle. Mais le soir, alors que les autos se faisaient plus rares, elle avait pour habitude de sortir prendre une marche et s’adonner à un peu de lèche-vitrine.

            Selon l’autopsie pratiquée par le Dr Roussel, l’asphyxie était la cause de la mort mais la vieille dame n’avait pas été étranglée. « Elle n’avait pas, de plus, été violée, au sens exact du mot. Selon le Dr Roussel, il était fort possible que la main du criminel ait été appliquée sur la bouche et le nez de la victime, la privant ainsi d’air, et la faisant mourir rapidement par le choc d’être attaquée autant que par l’asphyxie. Résistant au début, elle aurait été assommée par un coup de bouteille, qui aurait ensuite été placée à l’endroit où l’on sait. »[2]

Pendant ce temps, les enquêteurs interrogeaient tous les criminels connus du secteur ayant des antécédents en matière d’agressions sexuelles. Une centaine de personnes ont ainsi été rencontrés. Puis, dans l’après-midi du 3 mai, on a obtenu une correspondance pour les empreintes retrouvées sur la bouteille. Elles appartenaient à Gilles Laurin, 22 ans, qui était connu des policiers. Les détectives Roger Duquette et Lucien Poulin se sont précipités au 20 rue St-Henri pour procéder à son arrestation.

            La femme de Laurin, alors enceinte, a été choquée d’apprendre ce dont était accusé son jeune époux. L’enquête du coroner a été présidée par le Dr Gérald Brisson le 9 mai, au palais de justice de Hull. L’accusé a subi son procès du 3 au 6 décembre 1962 à Hull, devant le juge Paul Ste-Marie. Reconnu coupable, son exécution a été fixée au 22 février 1963 avant que sa peine soit finalement commuée en emprisonnement à vie au pénitencier Saint-Vincent-de-Paul.

            D’après les recherches du DHQ, il s’agirait du plus ancien meurtre se plaçant sous la bannière des homicides sexuels commis à l’endroit d’une personne âgée.


[1] Allô Police, 13 mai 1962.

[2] Ibid.

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