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1966, 10 août – Omer Mondor, 19 ans 

  • 19 nov. 2024
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 août 2025



Homicide par vengeance – Arme à feu (calibre .22)

Montréal, 8950 boulevard Saint-Laurent – 1 SC

André Bordeleau, son ami de 29 ans, perpétuité.

Au matin du 10 août 1966, Omer Mondor, 19 ans, se trouvait chez ses parents, au 8950 boulevard Saint-Laurent, à Montréal. Au moment de sortir pour se rendre à son travail, il s’est retrouvé face à un homme qui tenait une arme. Celui-ci a tiré, sans prononcer le moindre mot. Le tueur a ensuite quitté les lieux. Atteint de quatre balles de calibre .22, Mondor s’est écroulé dans l’escalier. Son décès devait être constaté plus tard à l’hôpital.

La mère de la victime a confié au Montréal-Matin que « c’est un homosexuel qui a tué mon fils parce qu’il refusait ses avances ». Selon elle, le tueur était un ancien pensionnaire qui continuait d’harceler son fils depuis plusieurs mois. Ce suspect aurait même fait des menaces envers Mondor et sa famille. Une plainte formelle avait d’ailleurs été déposée le 3 août par les Mondor.

Entretemps, un homme de 28 ans, André Bordeleau, s’était lui-même rendu aux policiers. Il s’agissait d’un ancien pensionnaire de Mme Mondor et qui était devenu un bon ami de ses deux fils.

À l’ouverture de l’enquête du coroner, dirigée par Laurin Lapointe, on a commencé par lire le rapport d’autopsie, qui indiquait que la jeune victime avait été atteinte de quatre projectiles : trois à la tête et un autre dans le dos. Le témoin principal était André Bordeleau, qui a réclamé la protection de la cour. Il a d’abord raconté s’être procuré une carabine de calibre .22 à Shawinigan, au début du mois. Au domicile de sa mère, 1953 rue Saint-Jacques, il avait scié le canon et la crosse avant de revenir à Montréal.

Le 9 août, il s’était rendu dans une taverne de Montréal avant de rentrer à son logement du 500 boulevard Henri-Bourassa ouest. Toutefois, il n’a pu entrer chez lui car le concierge avait changé les serrures. Toujours selon ses dires, il aurait erré une partie de la nuit avant de se rendre, au matin du 10 août, à la maison du 8950 boulevard Saint-Laurent, où habitait Omer Mondor. Puisqu’il connaissait le moment exact où Mondor devait se rendre à son travail, il l’a attendu au bas de l’escalier. Au moment où Mondor est sorti de chez lui, Bordeleau aurait immédiatement ouvert le feu, sans prononcer le moindre mot. Il a ensuite pris la fuite à pied avant de s’enfuir dans un taxi et se rendre au poste de police numéro 20.

Bordeleau a aussi affirmé qu’au cours de la dernière année il avait dépensé 10 000$ avec Mondor. Ce serait donc le refus d’Omer de lui prêter 50$ qui aurait fait naître en lui cette colère qui l’a poussé à commettre le crime. Le jury du coroner l’a évidemment reconnu criminellement responsable de la mort de Mondor.

À l’époque de l’enquête du coroner, à la fin août 1966, la mère de la victime continuait de s’adresser aux médias pour transmettre son opinion. Dans Le Petit Journal du 21 août, par exemple, elle prétendait que les menaces continuaient à pleuvoir chez elle après le meurtre d’Omer, et que cette fois elles visaient son autre fils, Daniel Mondor, 18 ans. Une ambiance malsaine avait également commencé à se développer autour de la résidence des Mondor, si bien que certains livreurs, comme le laitier, refusaient d’y aller. Trois locataires de l’immeuble ont aussi rompu leur bail. La mère a confié au journaliste Paule Courtois que « tout ce qui a été raconté dans les journaux est en partie imprécis. »

Selon elle, Bordeleau travaillait à temps partiel dans la police privée pour le Gouvernement. Il avait vécu chez les Mondor et s’entendait très bien avec les deux fils. Il se bagarrait souvent avec Omer, surtout pour avoir des contacts physiques avec lui et en profiter pour lui faire des attouchements. En voyant qu’Omer lui résistait, Bordeleau avait commencé à devenir colérique. Et Bordeleau serait allé jusqu’à lui faire des propositions directes. C’est lorsque son fils s’est confié à elle que la mère Mondor a mis Bordeleau à la porte. Et c’est à partir de cet instant que les menaces avaient commencé.

En 1967, on a permis à Bordeleau de plaider coupable à une accusation réduite de meurtre non qualifié. Il s’est tout de même mérité une sentence de prison à perpétuité pour le meurtre de son ami. À la fin des procédures, Le Soleil a conclu : « La raison qui a motivé ce crime, s’il en existe une, n’a pas été révélée. »[1]

[1] Le Soleil, 18 mai 1967.

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