1900, 24 février - Bridget Condon, 32 ans
- 23 oct. 2024
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Dernière mise à jour : 20 sept. 2025
Homicide domestique par un conjoint non suicidaire – Arme à feu
Québec, rue Jacques-Cartier – 1 SC
Joseph Herménégilde Cazes (policier), son mari de 27 ans, condamné à mort, commuée en prison à vie.
Joseph Herménégilde Cazes, un policier de 27 ans, et sa femme Bridget Condon, 32 ans, habitaient un logement situé au-dessus du poste de police no. 3 sur la rue Jacques-Cartier à Québec, où travaillait d’ailleurs Cazes.[1] Le 24 février 1900, vers 14h00, trois coups de feu ont été entendus dans l’appartement. À l’arrivée des premiers constables, Bridget était déjà morte.
Selon Adèle Potvin, la mère de Cazes, son fils avait passé la matinée au marché avant de revenir chez lui vers midi et demi, et avec quelques verres d’alcool dans le sang. Vers 13h30, Cazes avait échangé des mots en anglais avec sa femme. Quoiqu’elle ne comprenait pas cette langue, Adèle en avait déduit que le couple se disputait et elle s’était retirée dans une autre pièce avec les enfants – un âgé de 6 mois et un deuxième de 18 mois – pour les empêcher de pleurer. Vers 14h00, elle avait entendu trois coups de feu, suivis de ce qui lui semblait être le bruit d’un corps qui s’écroule sur le plancher. Il était 15h00 lorsqu’elle s’était décidée à sortir de sa cachette, trouvant Bridget allongée sur le plancher, gisant sur son flanc gauche. Adèle a avoué au coroner que son fils consommait de l’alcool sur une base régulière.[2]
Le policier Cazes a rapidement été accusé du meurtre de sa femme et son procès s’est instruit au palais de justice de Québec du 10 au 14 mai 1900. Le Dr Albert Marois a raconté avoir vu le cadavre « de la défunte gisant sur le côté gauche, dans une petite chambre, à l’extrémité du passage, la main droite étendue et crispée sur une paire de bretelle. Le corps baignait dans une mare de sang. Il y avait une chaise renversée près de la fenêtre, et au-dessus de cette fenêtre, le témoin a remarqué dans le mur des trous qui lui ont paru avoir été faits par des balles. Le témoin est entré alors dans de minutieux détails à propos de la position du cadavre. Il en a fait l’autopsie à la morgue le jour suivant. Il a constaté alors que la mort avait été causée par cinq coups de pistolet chargé à balles. Il y avait dix blessures. Le témoin décrit ensuite minutieusement le chemin suivi par chacune des balles dans le corps de la victime. »[3]
La défense a tenté d’établir une preuve de bonne réputation en raison du métier qu’exerçait l’accusé, mais en vain. David Dubé (1899, 27 octobre – Thomas Adams Mooney) et Cazes ont reçu leur verdict ensemble. « Les deux prisonniers, la tête entre les deux mains, paraissaient plongés dans de profondes et amères réflexions sur leur crime. »[4] Lorsqu’on lui a demandé s’il avait quelque chose à déclarer, Cazes « a alors répondu d’une voix sanglotante [sic], mais avec assez de force cependant pour être parfaitement entendu de tout le monde : « j’étais saoûl [sic] ce jour-là et je sais pas ce que j’ai fait. »[5] En prononçant la sentence, le juge Bossé a répliqué : « Cazes, votre crime a été épouvantable, c’est votre femme, la mère de vos enfants, que vous avez tuée. Vous aviez un ménage heureux, vous viviez dans un état de société où vous étiez à l’abri du besoin, où vous pouviez élever vos enfants dignement. D’après des rapports qui m’ont été faits, vous avez toujours eu un caractère d’une violence extraordinaire, que vous n’avez jamais cherché à contrôler. Il vous est arrivé même, dans des moments de rage furieuse, de commettre des actes d’une atrocité sans nom. »
La sentence de Cazes a été commuée en emprisonnement à vie.
[1] Cazes et Condon se sont mariés à Québec le 2 juin 1896.
[2] La Patrie, 26 février 1900.
[3] La Patrie, 12 mai 1900.
[4] La Patrie, 14 mai 1900.
[5] Ibid.



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