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1912, 30 juillet – Louis Hotte

  • 4 déc. 2024
  • 2 min de lecture
Homicide à motif indéterminé – Arme blanche (rasoir)

Montréal, 778 rue Clarke – 1 SC

Antonio Ferduto, 26 ans, pendu.

            Au matin du 30 juillet 1912, vers 6h00, le constable Langlois de la police de Montréal faisait sa tournée habituelle lorsqu’il a découvert le corps d’un homme dans une ruelle, derrière le 778 de la rue Clarke. L’inconnu avait la gorge tranchée jusqu’aux oreilles. Une mare de sang coagulée et la rigidité cadavérique laissaient croire que le meurtre remontait à quelques heures. En titrant son article « Est-ce un meurtre ou un suicide? », La Patrie n’a épaté personne, d’autant plus que quelques lignes plus loin on mentionnait que l’arme du crime n’avait pas été retrouvée sur place.

À son arrivée sur les lieux, le lieutenant Laflèche a trouvé dans les poches de la victime un étui à rasoir vide, deux chapelets, un porte-monnaie vide et un billet de chemin de fer pour la liaison Montréal-Joliette daté du 27 juillet 1912. Peu après, la victime a été identifiée comme étant Louis Hotte. Les journaux ont fourni la description d’un assassin de 50 ans coiffé d’une casquette grise, vêtu d’un veston noir, d’un col vert et d’une chemise jaune. Toutefois, le suspect que la police a appréhendé peu après était un Italien de 26 ans répondant au nom d’Antonio Ferduto. Le procès de ce dernier s’est tenu au palais de justice de Montréal du 16 au 19 septembre 1912 devant le juge N. W. Trenholme. La Couronne était représentée par Me D. A. Lafortune alors que la défense de l’accusé était assurée par Me Alban Germain. Le tailleur de pierre Georges Beaucage a expliqué avoir passé la journée du 29 juillet en compagnie de Louis Hotte et que la dernière fois qu’il l’avait vu près de la gare du Mile-End la victime s’éloignait en compagnie d’un dénommé Gauthier. Le lieutenant Savard a témoigné avoir découvert un rasoir dans la valise de Ferduto qui s’adaptait parfaitement à l’étui trouvé sur le cadavre. Puis le détective Puzie a créé une surprise en expliquant que les confessions de l’accusé lui venaient de Carlo Battista, un autre Italien accusé de meurtre et qui devait ¸etre pendu le 12 décembre 1912.

Les docteurs Dugas et McTaggart ont expliqué avoir trouvé des taches de sang à l’extérieur de l’une des poches du pantalon de Ferduto. Ces expertises réalisées à l’hôpital Général n’ont pas été en mesure de déterminer s’il s’agissait de sang humain. Quant à elle, la défense a démontré que le pantalon avait été porté par l’accusé durant cinq semaines avant les analyses. C’est de la bouche de l’interprète Jean-Marie Viglino que Ferduto a appris le verdict prononcé contre lui. Il est demeuré sans broncher. Reconnu coupable, il a été pendu le 13 décembre 1912 à la prison commune de Montréal, qui était alors celle du Pied-du-Courant.[1] La veille de son exécution, le supplicié avait promis au gouverneur de la prison de ne causer aucun problème. La marche funèbre s’est entamée à 7h58 et la trappe s’est ouverte sous ses pieds à 8h00.



[1] C’est à partir de 1914 que les pendaisons se sont déroulées à la nouvelle prison de Bordeaux.

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