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1917, 26 août – Zotique Bourdon

  • 8 déc. 2024
  • 3 min de lecture


Homicide commis lors d’un vol – Arme à feu – Mise en scène

Entre Saint-David et Saint-Guillaume d’Upton – 2 SC

Roméo Bolduc, inconnu de la victime, pendu.

Zotique Bourdon était vendeur d’automobiles pour la Willys-Overland Automobile Company à Longueuil. Le samedi 25 août 1917, vers 11h00, un jeune homme du nom de Roméo Paradis a été aperçu en train de prendre la route à bord d’une automobile en compagnie de Bourdon. Plus tard, l’enquête a permis d’apprendre que Bourdon avait retiré 100$ à la banque Hochelaga avant de quitter la ville avec le jeune acheteur. Ensemble, ils se sont rendus à Saint-Guillaume d’Upton, où Paradis prétendait pouvoir mettre la main sur un chèque de 1 400$, ce qui lui permettrait de payer Bourdon pour l’achat du véhicule. Bourdon a alors offert à son client de venir dormir chez lui avant de se lancer sur la route le lendemain matin.

À l’aube du dimanche 26 août, le duo s’est remis en route. Entre les villages de Saint-David et Saint-Guillaume d’Upton, Paradis a soudainement tué le vendeur d’auto avec une arme à feu avant de traîner son corps un peu plus loin pour lui faire les poches et lui prendre sa montre. Le lendemain matin, le corps de Bourdon a été découvert par des cultivateurs qui se rendaient paisiblement à la messe. Pendant ce temps, celui qui disait s’appeler Paradis avait immobilisé la voiture volée en face de l’église de Saint-Guillaume. Il n’avait cependant pas prévu que des paroissiens puissent remarquer les taches de sang laissées sur le siège avant. Vers midi, lorsque la nouvelle de la découverte du cadavre s’est répandue, Paradis a abandonné le véhicule au milieu du chemin, à environ un mile du village, pour prendre la fuite à pied à travers champ. Rapidement, le chef de police Mallette l’a rattrapé et a procédé à son arrestation. Quoiqu’il avait signé le contrat de vente au nom de Paradis, on a appris qu’il s’appelait en réalité Roméo Bolduc, un résidant de Lévis.

Le sous-chef Lapointe de la Police provinciale à Montréal a confié l’enquête aux détectives Lorrain et Samson. Bolduc avait déjà planifié de revendre la voiture à un acheteur potentiel au coût de 1 350$. La Patrie s’est empressé de mentionner à ses lecteurs que c’est Me Lucien Gendron, qui « s’est rendu célèbre dans la cause retentissante de Paradis accusé du meurtre de François Fréchette de Saint-Césaire le printemps dernier », qui serait le défenseur de Bolduc.[1] Le procès s’est tenu du 22 au 24 janvier 1918 au palais de justice de Sorel devant le juge A. A. Bruneau. La Couronne était représentée par Me Adolphe Allard de Sorel et Me J. C. Walsh C.R. de Montréal. Pour la défense, Me Lucien Gendron a plaidé l’aliénation mentale. Les médecins aliénistes, qui ont témoigné au matin du 24 janvier, ont déclaré l’accusé responsable de ses actes. Les jurés ont délibéré durant quatorze minutes avant de le reconnaître coupable. « D’après les nombreux témoignages entendus, il était évident que la culpabilité de Bolduc ressortait sans permettre le moindre doute », écrira La Patrie.

Au matin de son exécution, le 5 avril 1918, le supplicié a assisté à une messe avant de monter sur l’échafaud à 7h57. Il a embrassé le crucifix avant que le bourreau Ellis lui enfile autour du cou la cagoule noire et la corde. Selon La Patrie, la mort a été instantanée, mais son cœur a continué de battre pendant douze minutes. La dépouille du tueur a ensuite été confiée à l’entrepreneur de pompes funèbres Pierre Paulhus, qui s’est chargé de la transporter au cimetière des SS. Anges pour l’inhumation.



[1] Daniel Proulx, Les Grands Procès du Québec, 1996. Selon Proulx, Me Germain était le plus grand criminaliste de sa génération.

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