1922, 11 septembre – Nouveau-né
- 12 déc. 2024
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Néonaticide –
Québec, 21 ½ rue St-Réal – 1 SC
Marguerite Couillard de Beaumont, sa mère, 2 ans à purger au Bon-Pasteur.
Le 1er septembre 1922, Marguerite Beaumont a loué une chambre sur la rue Saint-Réal à Québec d’une dame De Verchères. Le 10 septembre, elle a demandé à une autre femme, Mme Talbot, de passer la nuit avec elle car elle s’inquiétait de douleurs qu’elle disait avoir à pied. Le lendemain, 11 septembre, elle a passé environ une heure dans les toilettes, et c’est à ce moment, vers 9h00, qu’elle aurait donné naissance à un enfant. Elle l’a ensuite dissimulé dans un tiroir à chiffons pour le reste de la journée. C’est seulement le soir qu’elle a tout dévoilé.
C’est par la levée des scellés de 100 ans sur les dossiers de police de la SQ que le DHQ a appris l’existence de ce dossier. Toutefois, on constate dans Le Soleil du 16 avril 1923 qu’une certaine Marguerite Couillard de Beaumont était accusée d’infanticide. Le juge François Lemieux s’est permis cette remarque au moment du verdict : « Vous êtes dignes de toutes les pitiés, de toutes les commisérations. Et s’il y a une situation angoissante, pour un juge, c’est de prononcer une sentence contre une jeune fille comme vous. Vous appartenez à une bonne famille. Venue de la campagne à Québec, vous avez été séduite par un malheureux qui a quitté la ville depuis et qui fait mieux de ne pas revenir. On vous a accusé d’infanticide. Après votre terrible épreuve, la loi s’est emparée de vous. On vous a détenu en prison puis, à la demande de votre avocat, je vous ai envoyée au Bon Pasteur d’où j’ai reçu les meilleures recommandations en votre faveur. Vous êtes privée de votre liberté depuis un an. J’ai ici un écrit disant que vous êtes consentante à rester encore un an au Bon-Pasteur et à vous y bien conduire. […] À tout événement, n’oubliez jamais la triste expérience dont vous avez été victime. »


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