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1930, 26 juin – Kenneth M. Burke, 26 ans

  • 22 déc. 2024
  • 3 min de lecture
Meurtre par vengeance – Arme à feu

Métis Beach – 1 SC

Albéric Taupier, son jardinier de 35 ans, condamné à mort, sentence commuée.

Le 26 juin 1930, c’est à Métis Beach que Kenneth M. Burke, administrateur de la succession McNider, a été tué au cours de la soirée un peu après 21h00. Burke était propriétaire de l’Hôtel Cascade et c’est son jardinier de 35 ans, Albéric Taupier, qui a tiré sur lui. Au cours de la fusillade, trois projectiles ont également blessés Mme A.-J. Dawes, une cliente montréalaise de l’hôtel. Taupier a été arrêté quelques heures plus tard par le grand connétable de Rimouski, Jos Lebel. « Le jardinier Albéric Taupier, un ancien soldat de retour du front, était à arroser plantes et plates-bandes de l’hôtel quand Madame Dawes lui aurait dit de cesser, que c’était assez. On en serait venu aux gros mots, et M. Kenneth M. Burke étant intervenu, Daubier [sic] serait parti mécontent, pour revenir avec un revolver automatique et clore la querelle à coups de balles. Burke, tiré à bout portant, a été foudroyé par la mort. Quant à Mme Dawes, malgré ses blessures, son état ne serait pas désespéré. […] À l’enquête [du coroner] Taupier a déclaré qu’étant persécuté et menacé de perdre sa position il avait décidé depuis assez longtemps de se faire justice. La victime M. Kenneth-M. Burke est un jeune homme de 26 ans. Il était le neveu des Dlles McNider, décédées, dont il administrait les immeubles de la succession, entr’autres l’Hôtel Cascade. »[1]

Le procès de Taupier s’est tenu du 24 au 26 septembre 1930 à Rimouski devant le juge Albert Sévigny. L’accusé était défendu par Me Lucien Gendron. Au cours de la journée du 25 septembre, la défense a commencé à présenter sa preuve d’aliénation mentale, une idée à laquelle, semble-t-il, très peu de gens ont adhéré. Le Dr J.-E. Lesage, qui avait traité Taupier quand il travaillait pour les tramways de Montréal, est venu dire sous serment que ce dernier avait souffert de gastrite, de rhumatisme et de maux de tête. Ce témoin a ajouté que l’accusé était un neurasthénique. Le Dr Lallement, qui avait aussi traité l’accusé, n’a admis en aucun temps qu’il était fou. Un ancien collègue de travail a cependant affirmé qu’il avait eu la conduite « d’un homme plutôt imbécile mais toutefois il s’acquittait très bien de son ouvrage et qu’il était toujours poli et très courtois. »[2]

Le gardien de la prison de Rimouski, Willie Morin, a quant à lui témoigné du comportement exemplaire de l’accusé. En contre-preuve, la Couronne a présenté d’autres témoins qui se sont montrés en désaccord avec la théorie de l’aliénation mental. « Ce procès est suivi par une foule considérable et la salle d’audience est trop restreinte pour contenir la foule des curieux avide de connaître les péripéties de cette terrible tragédie. »[3] Après ces quelques témoins, on a procédé aux plaidoiries et aux directives du juge. Après 20 minutes de délibérations, le jury est revenu avec un verdict de culpabilité. « Demeuré impassible le temps que dura le procès, Taupier accueillit ce verdict avec un sourire. »[4] Quant à lui, le juge Sévigny a annoncé qu’il prononcerait la sentence seulement mardi le 30 septembre. Il a fixé son exécution au 5 décembre 1930 mais la peine de Taupier sera finalement commuée en emprisonnement à vie au pénitencier Saint-Vincent-de-Paul.



[1] Le progrès du golfe, 27 juin 1930.

[2] L’Action Catholique, 26 septembre 1930.

[3] Ibid.

[4] L’Action Catholique, 27 septembre 1930.

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