1933, 26 avril – Marie-Anne Webster Lepage, 30 ans
- 25 déc. 2024
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Homicide domestique par un conjoint non suicidaire – Objet contondant
Québec, 374 rue Saint-Joseph – ? SC
Philippe Trottier, son conjoint de 29 ans, pendu.
Marie-Anne Webster avait épousé un débardeur du nom de Charles-Auguste Lepage le 30 octobre 1921, mais depuis quatre ans le couple était séparé. Depuis environ une semaine, Marie-Anne partageait sa vie avec Philippe Trottier dans un logement du 374 rue Saint-Joseph à Québec. Le couple venait d’adopter une fillette âgée de 9 mois.
Le 26 avril 1933, Trottier a fait monter chez lui un cousin. Mais lorsque des bruits de bagarre ont commencé à se faire entendre, le cousin en question est descendu à toute vitesse en disant qu’il ne voulait pas se mêler de ça. La police a été appelé sur les lieux, mais à leur arrivée il était déjà trop tard. Le corps de Marie-Anne gisait dans une mare de sang sur le plancher de sa chambre. Pour entrer dans la pièce on a dû pousser sur son corps, et c’est après qu’on a constaté qu’elle avait eu le crâne ouvert. Le désordre dans la chambre indiquait qu’il y avait eu une lutte. Le sang avait giclé sur les murs et dans une main la victime tenait encore une mèche de cheveux qu’elle avait arraché à son agresseur.
Le procès de Philippe Trottier, un colporteur âgé de 29 ans, s’est ouvert le 2 novembre 1933 au palais de justice de Québec devant le juge G. F. Gibsone. « Ce procès a suscité beaucoup d’intérêt et les curieux ont afflué dans la salle d’audience. Samedi matin, la défense a fait entendre plusieurs témoins pour rapporter des anomalies de la famille Trottier. Appelé comme médecin-expert, M. le docteur André Simard a déclaré que Trottier, sans être un fou, était un débile mental. »[1]
Dans sa preuve, la Couronne a fait entendre quatre médecins : Albert Marois, Saluste Roy, Gustave Desrochers et C.-A. Gauthier. Tous ont déclaré que « l’intelligence de Trottier était au-dessous de la moyenne, mais que dans leur opinion, ce n’est pas un aliéné et surtout qu’il sait faire la différence entre le bien et le mal. »[2] Les avocats de la défense, Me Noël Dorion et Mark Drouin, ont tenté d’obtenir un verdict d’homicide involontaire. Le juge et la Couronne, représentée par Me Valmore Bienvenue, ont admis que Trottier n’était pas normal mais qu’il devait être jugé normalement puisqu’il comprenait la différence entre le bien et le mal.
Les jurés ont délibéré durant une quinzaine de minutes avant de déclarer Trottier coupable. Il était plus de 22h00 lorsque le juge Gibsone l’a condamné à monter sur l’échafaud le 17 février 1934. La date de son exécution a cependant été repoussée jusqu’au 27 avril 1934. Le 26 avril, au moment d’apprendre qu’il n’y avait plus aucun espoir d’échapper à la mort, Trottier aurait déclaré : « puisque c’est la volonté de Dieu, je suis prêt à mourir. » Lorsqu’il a reçu la visite de ses avocats, Noël Dorion et Mark Drouin, Trottier les a remerciés pour leur dévouement.
[1] L’Action Catholique, 6 novembre 1933.
[2] Ibid.




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