top of page

1934, 14 mai – Graziella Viens, 29 ans

  • 25 déc. 2024
  • 3 min de lecture


Homicide domestique par un conjoint non suicidaire – arme à feu (calibre .32)

Montréal – 1 SC

Joseph Alisero, 29 ans, pendu.

            Dans l’après-midi du 14 mai 1934, la police a reçu un appel l’informant qu’une auto de marque Pontiac était stationnée sur la rue Saint-Dominique et qu’elle n’avait pas bougé depuis la nuit. Sur les lieux, les policiers ont découvert le cadavre d’une femme derrière le siège arrière. La victime avait reçu quatre projectiles d’arme à feu en pleine tête, à angle droit sur le côté gauche. On a rapidement arrêté Joseph Alizero, le propriétaire de l’auto, et Armand DePelteau, l’amie intime de la victime qui vivait avec elle. La mort remontait à une vingtaine d’heures. Il semble que la victime avait pour habitude de fréquenter plusieurs hommes en plus d’avoir ses habitudes dans certains hôtels.

Selon le registre de l’état civil, Graziella avait épousé un dénommé Rondeau, duquel elle était divorcée.[1] La jeune femme, qui n’avait pas encore 30 ans, serait née le 2 octobre 1905. L’enquête a conduit à l’arrestation de Joseph Alisero, un homme jaloux né lui aussi en 1905. Son procès s’est déroulé du 17 au 22 septembre 1934 devant le juge Louis J. Loranger à Montréal. Me Wilson Proulx a assuré la défense de l’accusé alors que la Couronne était représentée par Me Gérald Fauteux. Dans son adresse aux jurés, le juge a rappelé « que les empreintes digitales trouvées sur l’automobile étaient de toute évidence celles d’Alizero, si le jury acceptait les témoignages du Dr Fontaine et de M. Laflamme, que l’accusé possédait un revolver de calibre .32, qu’il était extrêmement jaloux et qu’il avait déjà menacé la victime. »

            La présence des empreintes digitales a joué un rôle important. Eugène Laflamme, qui étudiait les empreintes depuis maintenant 31 ans, a expliqué sous serment que celles de l’accusé avaient été retrouvées dans le sang relevé sur l’automobile. Étant donné l’époque, le Dr Rosario Fontaine a dû expliquer que les chances de retrouver deux personnes avec les mêmes empreintes étaient de 1 sur 64 milliards. Quant à celles retrouvées sur la scène de crime, on y avait relevé 17 points de concordances avec les empreintes de l’accusé.

Au cours de l’après-midi du 21 septembre, le jury a délibéré durant une heure et demie avant d’annoncer son incapacité à prendre une décision. C’est avec un visage angoissé que l’accusé a écouté attentivement les paroles du juge, qui a insisté auprès des jurés. Ceux-ci sont retournés délibérer toute la nuit pour revenir au matin du samedi 22 septembre, vers 10h20, avec un verdict de culpabilité. Dès lors, Me Proulx a annoncé qu’il porterait la cause en appel.  Après un ajournement de quinze minutes, le juge a enfilé son tricorne et ses gants noirs pour demander au condamné s’il avait quelque chose à déclarer. Alisero a répondu : « je suis innocent du meurtre de Graziella Viens. »

Après le prononcé de la sentence, qui a fixé l’exécution au 11 janvier 1935, deux gardes se sont chargés d’emmener le condamné jusqu’à la prison de Bordeaux. Un décret du 26 mars a reporté la date de l’exécution, ce qui n’a pas empêché la pendaison d’Alisero, qui s’est effectuée le 3 mai 1935 à la prison commune de Montréal sous la supervision du bourreau Ellis. Alisero aurait proclamé son innocence jusqu’à la toute dernière minute.



[1] Selon Le Petit Journal, Rondeau s’était remarié et vivait aux États-Unis.

Posts récents

Voir tout

Commentaires


  • Facebook
  • LinkedIn

©2020 par DHQ. Créé avec Wix.com

Toute reproduction partielle ou complète des dossiers publiés sur ce site est illégale sans le consentement des auteurs du DHQ.

bottom of page