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2019, 30 avril – C-M R., 7 ans

  • 3 sept. 2025
  • 5 min de lecture
Filicide par une mère – Suffocation

Granby - 1 SC

Sa belle-mère, prison à vie; son père biologique, 4 ans de prison pour séquestration.

Le 29 avril 2019, C-M R., une fillette de 7 ans, était découverte inconsciente et logotée dans la résidence familiale de Granby. On l’a transporté d’urgence à l’hôpital, mais elle devait mourir le lendemain, 30 avril. Officiellement, selon l’autopsie, la cause de la mort serait attribuable à la suffocation.

Cette histoire a immédiatement choqué tout le Québec, obligeant le gouvernement de François Legault à mettre sur pied une commission d’enquête spéciale sur les services de protection de la jeunesse. L'histoire a aussi rappelé le célèbre cas de 1920, c’est-à-dire celui d’Aurore Gagnon. À un siècle d’intervalle, les deux fillettes ont succombé aux sévices infligés par leur belle-mère.

Selon un rapport scolaire, C-M fuguait régulièrement à l’intérieur de l’école et dévorait la nourriture qu’elle pouvait trouver dans les poubelles ou les boîtes à lunch de ses camarades. « Les troubles majeurs de comportement de l’enfant à l’école, ses problèmes relationnels sévères avec les autres élèves, ses nombreux jours d’absence et même ses notes à l’école – exceptionnellement bonnes pour une petite fille maltraitée – sont répertoriés dans le document de près de 20 pages. La Commission scolaire du Val-des-Cerfs, qui gérait l’école de la fillette, a produit ce rapport à l’hiver 2019 afin d’exposer à la partie parentale tous les scénarios d’éducation possibles, dont celui d’envoyer l’enfant dans une école spécialisée. La commission scolaire avait aussi offert aux parents que la petite n’aille à l’école qu’à temps partiel ou qu’elle soit éduquée à la maison par un professionnel de la commission scolaire. Le père de la fillette et sa belle-mère avaient refusé ces deux options et avaient choisi de retirer l’enfant de l’école. »[1]

En juin, la mère biologique de la fillette s’apprêtait à déposer une demande visant à réclamer la garde du petit frère de la victime, qui avait alors 5 ans, et qui se trouvait toujours en famille d’accueil. « TVA Nouvelles a appris de sources sûres que la Direction de la protection de la jeunesse, d’une part, va s’objecter à ce que le petit garçon ait des contacts avec sa mère biologique, qui en avait perdu la garde très rapidement après la naissance, et recommande qu’il reste en famille d’accueil pour une période de temps. » [2]

Une semaine après le drame, le journaliste et chroniqueur Richard Martineau a défié les autorités en révélant publiquement l’identité de C-M, ce qui lui a valu de nombreux commentaires positifs de la part de la population.

En août, le père de la fillette a demandé, pour la deuxième fois, « d’être libéré en attendant son procès. Sa requête en révision de cautionnement sera débattue jeudi prochain, le 5 septembre, en Cour supérieure au palais de justice de Granby. Son avocat, Martin Latour, s’appuie sur une nouvelle preuve au dossier, de nouvelles conditions qui pourraient être imposées à son client ainsi que des erreurs de droit qu’aurait commises le juge de la cour du Québec Serge Champoux, dans sa décision du 10 juin dernier. […] L’homme de 30 ans fait face à des accusations de négligence criminelle causant la mort, de séquestration, d’abandon d’enfant et de ne pas lui avoir fourni les choses essentielles à la vie. »[3] 

Pour sa part, la belle-mère de 36 ans, accusée de meurtre non prémédité, de séquestration et de voies de fait graves, changeait d’avocat. Elle serait maintenant défendue par Me Michel Marchand. Elle devait demeurer détenue au moins jusqu’au 28 octobre 2019. À la fin août, « La mère de la fillette de Granby décédée en avril dernier à la suite de mauvais traitements a l’intention de déposer une poursuite de plus de 5 M$ au civil d’ici la fin de septembre, selon ce que TVA Nouvelles a appris samedi. L’avocate montréalaise Valérie Assouline, qui représente gratuitement la mère, a précisé que cette poursuite viserait la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), mais aussi d’autres organismes. »[4]

Le 30 avril 2020, jour du premier anniversaire du décès de la victime, la Ville de Granby annonçait son intention d’ériger au centre-ville un monument à sa mémoire.

Le 9 décembre 2021, la belle-mère de 38 ans a été reconnue coupable et condamnée à perpétuité, sans possibilité de libération avant 13 ans. En janvier 2022, elle a porté sa cause en appel afin de contester sa sentence.

Le même mois, le père biologique de la petite a été condamné à 4 ans de prison après avoir plaidé coupable à une accusation de séquestration. Ce plaidoyer libérait les journalistes d’une interdiction sur les détails du crime car le témoignage du père s’est fait à huis clos. Ainsi, on a appris qu’au matin du 28 avril, la petite avait tenté de se sauver à deux reprises par la fenêtre de sa chambre alors qu’elle était complètement nue. Elle a sonné à la porte d’un voisin. Durant son témoignage, le père a ensuite expliqué qu’elle dormait nue en plus d’uriner et de déféquer souvent dans sa chambre. Le père a ensuite installé des meubles devant la fenêtre, de sorte à former une barricade, mais la petite C-M a réussi à les bouger. Au matin du 29 avril, c’est la belle-mère qui lui a mis du ruban adhésif sur le corps. La grand-mère paternelle a elle-même expliqué que son fils s’en sortait trop bien et qu’il aurait dû avoir un procès.

Suite à la fugue nocturne, le père avait attaché la fillette avec une chemise d’adulte et la belle-mère lui a tenu les jambes pendant qu’il enroulait du ruban autour des coudes, des épaule, etc. Une fois l’enfant immobilisée, le père est retourné se coucher. Le lendemain matin, le père n’est pas allé voir sa fille car il disait avoir confiance aux qualités parentales de sa conjointe (belle-mère). Toutefois, à 9h27, il s’est résigne à revenir à la maison. Vers 10h, en rentrant chez lui, il l’a entendu crier au meurtre. Il ne s’est pas énervé outre mesure car il a l’habitude de l’entendre crier. Finalement, après un appel téléphonique, il est entré dans la chambre de sa fille. C-M ne bougeait plus. Il était trop tard. Il a cependant observé que sa fille était recouverte de plus de ruban adhésif qu’au moment de son départ.

En avril 2023, une demande de libération conditionnelle a été refusé au père naturel de la victime. La Commission des libérations a jugé que sa réflexion n’était pas complétée. N’empêche que, un peu plus d’un an plus tard, soit le 7 mai 2024, il a retrouvé sa liberté. Il avait purgé les deux tiers de sa peine.

En juin 2024, on a appris que la demande d’appel de la mère de 38 ans serait entendu le 24 septembre 2024 à la Cour d’appel du Québec. La belle-mère de la victime reprochait au juge Louis Dionne d’avoir erré dans ses directives aux jurés.

Quant à lui, le père de la victime a retrouvé sa liberté le 7 mai 2024.

Dès le lendemain du décès de la petite victime, le DHQ avait envoyé une demande pour obtenir copie de l’enquête du coroner. Nous l’avons reçu à 8h01 le 3 septembre 2025.

Rapport du coroner:


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1 commentaire


Membre inconnu
16 févr.

En juin 2024, on a appris que la demande d’appel de la mère, âgée de 38 ans, serait examinée le 24 septembre 2024 par la Cour d’appel du Québec. La belle-mère de la victime reprochait au juge Louis Dionne d’avoir commis une erreur dans ses directives aux jurés.

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