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1855, 23 juin – Mary Richardson, 28 ans

  • 16 nov. 2024
  • 3 min de lecture


Homicide à motif indéterminé – strangulation et noyade

Trois-Rivières, rive de la rivière Saint-Maurice – ? SC

Non élucidé.

Le corps de Mary Richardson a été retiré des eaux de la rivière Saint-Maurice à un demi-mile de Trois-Rivières. On a rapidement écrit à propos de cette victime qu’elle était originaire de Montréal mais qu’elle abusait aussi de l’alcool. Depuis sa sortie de la prison de Trois-Rivières, deux jours plus tôt[1], elle vagabondait dans les rues. Selon le registre des écrous, Mary savait lire, elle avait les cheveux et les yeux bruns. On la disait de religion protestante. « Peu de jours avant sa mort, elle avait été vue au milieu d’une bande de mauvais sujets qui la maltraitaient sans que personne n’osa on ne put la retirer de leurs mains! La veille du jour où son cadavre fut trouvé flottant sur l’eau, plusieurs l’ont vue vers 9 ou 9 ½ heures du soir en compagnie de deux ou trois vauriens. Ceux-ci, paraît-il, la maltraitèrent cruellement : on l’entendit jeter de hauts cris et dire entre autres choses Laissez-moi! Je m’en vais à Montréal; par où embarque-t-on pour Montréal? Vers dix heures l’équipage d’un bateau à l’ancre tout près du rivage, vit quelqu’un descendre la côte en trainant quelque chose sans pouvoir rien distinguer et sans pouvoir obtenir aucune réponse malgré leur demande de qui va la? Deux d’entre l’équipage s’armèrent chacun d’un fusil, mais la peur les empêcha d’en faire usage. Ils n’eurent ni le courage ni la curiosité de voir ce qui se passait. Le lendemain matin le cadavre d’une malheureuse était trouvé flottant sur l’eau! A 20 pieds environ du bateau on remarquait encore le matin, une large trace tout le long de la côte et l’empreinte des pas de celui ou de ceux qui avaient trainé le corps jusqu’à la rivière. Les bas de la malheureuse étaient encore sur le rivage. Et tout cela se passait à 9 ½ heures, dans la ville de Trois-Rivières, à 20 pieds d’hommes armés, et les coupables en sont encore ignorés! Quelle sûreté y a-t-il ici pour la vie de celui qui a besoin de sortir le soir! »[2]

Le même journal a soulevé des doutes sur la compétence des jurés du coroner en plus de souligner la nécessité de créer un véritable corps de police à Trois-Rivières. « Ce sont tous de braves et d’honnêtes gens, mais le public aurait mieux aimé voir cette fois surtout des jurés plus instruits et capables de bien profiter de toutes les circonstances pour faire un rapport raisonné et raisonnable. Nous espérons avec le public qu’on sera plus sage à l’avenir dans la formation d’un corps de jurés. Et cette mort devra convaincre les citoyens de l’efficacité d’une police pour la ville, s’ils tiennent à conserver la vie de leurs femmes et la leur. Le rouge nous monte au front en écrivant ces lignes, car le fait que nous racontons est une disgrâce pour la ville. »

Ce n’est peut-être pas une coïncidence si la Ville de Trois-Rivières a finalement créé son corps policier deux ans plus tard, soit le 26 octobre 1857.

Le rapport du coroner Valère Guillet détermine que Mary Richardson a été étranglée par un ou des inconnus qui l’ont ensuite jeté à l’eau de la rivière Saint-Maurice pour finalement la tuer par noyade. Pour sa part, La Minerve a précisé que les chaussures et le chapeau de Mary n’ont jamais été retrouvés.



[1] Selon le registre des écrous, préservé à BAnQ-Trois-Rivières, Mary aurait plutôt été libéré de prison le 22 juin.

[2] L’Ère Nouvelle, 28 juin 1855.


Dossier judiciaire:




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