1961, 26 juin - 5 juillet - Keith "Rocky" Pearsons
- 6 nov. 2024
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Dernière mise à jour : 19 juil. 2025
Meurtre par compétition criminelle – Arme à feu – Objet contondant (marteau) – Mise en scène
Varennes – au moins 2 SC
Non élucidé. Rosaire Daoust, George Aird, Raymond Caza et Armand Larose, acquittés.
Le corps de Keith Pearson a été retrouvé le 5 juillet 1961 dans une grange de Varennes. Il avait été criblé de balles et enroulé dans une tente en plastique. En juillet 1961, la police a annoncé qu’elle détenait une jeune fille de 16 ans qui pouvait leur fournir d’importantes informations sur ce crime.
Ce meurtre serait relié au milieu de l’industrie de la loterie illégale. Pearson avait été accusé du meurtre d’Aaron Marks, survenu en 1950 dans un bordel, mais il avait été acquitté. Selon ce que les policiers ont révélé à la presse, Pearson, à la tête d’une bande composée d’une quinzaine d’individus, aurait soudainement voulu prendre le contrôle d’une organisation canado-américaine dans le domaine des loteries, une industrie très florissante à cette époque. Certains enquêteurs voyaient des liens entre le meurtre de Pearson et celui de Vincent Lemonde, retrouvé le 21 février 1961. Selon l’auteur Pierre De Champlain, Pearson était connu comme un fier-à-bras dans le domaine des élections municipales.
En 1963, la Sûreté provinciale procédait aux arrestations de Rosaire Daoust, Georges Aird, Raymond Caza et Armand Larose. Le procureur général de l’époque a cassé le verdict du coroner, qui n’avait tenu personne responsable du meurtre de Pearson, pour déposer des accusations directes contre les quatre hommes. Lors de leur enquête préliminaire, Frank Watson « admet s’être parjuré lors de son témoignage devant le coroner, afin de couvrir ses activités d’agent double. Il affirme sans hésitation et catégoriquement, sous serment, que Raymond Caza, Georges Aird, Rosaire Daoust et Armand Larose sont les quatre auteurs du meurtre de Keith Pearson. Il déclare être arrivé, le matin du 26 juin 1961, au bureau de Pearson juste au moment où on le tuait à coups de marteau. Watson a été accueilli à la pointe du revolver par Rosaire Daoust, qui l’a obligé à monter à l’étage supérieur où se trouvait le bureau. « J’ai cru, en voyant le revolver, qu’ils avaient appris que j’étais un agent double », de raconter Watson. Celui-ci dit avoir été forcé, sous la menace de l’arme à feu, d’achever Pearson en se servant du même marteau. Puis on a appelé Donald Côté pour l’informer de ce qui venait de se passer. Ce dernier s’est aussitôt amené et s’est employé à nettoyer les lieux pendant que les autres allaient se débarrasser du corps de Pearson dans une grange abandonnée à Varennes. »[1]
Le procès des quatre présumés tueurs a débuté le 16 mars 1964. Les jurés se sont tellement plaints de leurs conditions que le juge a dû avorter le procès. Un deuxième s’est instauré en mai 1965 et celui-ci s’est terminé par un vice de forme. Les quatre accusés ont été libérés immédiatement. Donald Côté, qui était accusé de complicité, a également été acquitté.
L’auteur Pierre de Champlain présente cette conclusion dans son livre de 2014 : « On ne saura jamais exactement qui a ordonné le meurtre de Pearson et pour quelles raisons. Selon certaines thèses, Pearson, qui n’était pas du genre à recevoir des ordres mais plutôt à en donner, aurait refusé de mettre son organisation au service de certains candidats à l’élection municipale de Rivière-des-Prairies du 3 juillet 1961. De fait, il a été assassiné la veille des mises en nomination des candidats à cette élection. Enfin, d’autres avancent que Pearson prenait de plus en plus de place dans le milieu interlope et qu’il refusait de partager les profits de ses activités criminelles avec ses acolytes. »
[1] Pierre de Champlain, Histoire du crime organisé à Montréal de 1900 à 1980, Éditions de l’Homme, 2014.





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