1970, 22 septembre – André Lahaise
- 7 déc. 2024
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Profit personnel/Homicide sexuel? – Arme blanche (22 coups de couteau) – Surpuissance
Saint-Basile-le-Grand - ? SC
Conrad Brossard, 22 ans, perpétuité. Il a ensuite commis deux tentatives de meurtre et un autre meurtre.
Le 22 septembre 1970, André Lahaise a été assassiné de 22 coups de couteau. On a découvert son corps seulement le 25 septembre, dans un boisé de Saint-Basile-le-Grand. Lahaise était président du syndicat des employés chez Benson and Hedges[1]. En voyant le corps, des policiers ont cru reconnaître un certain Albert De Varennes, ce qui a créé une certaine confusion au sein de l’enquête et aussi dans les journaux. Montréal-Matin a d’ailleurs dû rectifier le tir dans un article publié le 6 octobre.
Le 4 novembre 1970, on a procédé à l’arrestation de Conrad Brossard, 22 ans, qui s'était évadé d'une maison de transition de Montréal au sein de laquelle il purgeait une peine de 7 ans depuis 1966. Il a aussitôt été accusé du meurtre. On l’a aussi accusé de vol qualifié, de vol, de recel et d’attentat à la pudeur. « Le 20 octobre, Conrad Brossard aurait volé une somme de 75$ à Noël Desrosiers et à Guy Charland. Selon le rapport des policiers, Brossard, qui était armé d’un couteau, aurait réussi à ligoter ses victimes avant de les fouetter avec une chaîne. »[2]
Selon un article paru dans Montréal-Matin, Brossard aurait aussi humilié ses victimes en les forçant à se dévêtir avant de les asperger de ketchup, de moutarde et d’œufs. Par la suite, il avait aussi tenté de violer une fillette de 6 ans.
Quant à son implication dans le meurtre de Lahaise, il semblerait qu’il soit monté à bord de l’auto de Lahaise et que sa colère a éclaté une heure plus tard après une « sordide affaire de sexe. » Après avoir tué Lahaise, il a aussi volé son argent. Lors de l’enquête du coroner, Brossard a admis avoir consommé beaucoup de drogue avant de s’en prendre à Lahaise.
Le 26 mars 1971, Conrad Brossard a été reconnu coupable et condamné à l'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 20 ans. En 1974, Jacques Payac a écrit un texte intéressant et annonciateur à propos de Brossard : « Depuis dix-sept ans que je couvre la scène policière et le judiciaire, j’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux meurtriers et d’étudier leur comportement. Celui qui est responsable du crime que je vais vous relater est parmi ceux qui sont les plus dangereux pour la société. Conrard [sic] Brossard est né le 10 février 1948 et jusqu’à l’âge de 17 ans, vivait chez ses parents à Longueuil. C’était en apparence, un garçon comme les autres de son âge … mais en apparence seulement! En 1965 il est arrêté par la police et en 1966 reçoit une sentence de sept ans pour une quirielle d’accusations. Voies de fait, vol à main armée, vaincre la résistance, tentative de viol, vol d’auto, 6 tentatives de meurtre etc… pour arranger la sauce on s’aperçoit qu’il a de fortes tendances homosexuelles. »[3]
Toujours selon Payac, c’est en faisant de l’auto-stop que Lahaise l’aurait laissé monter dans sa Dodge Super Bee. C’est Lahaise qui aurait fait des avances au jeune Brossard, et ce dernier s’est laissé emporter dans le jeu. Ils se sont caressés jusqu’à ce que Lahaise immobilise son véhicule à Saint-Basile. C’est à ce moment que Brossard l’a poignardé. Lahaise a réussi à sortir de l’auto et à courir, mais Brossard l’a rattrapé pour continuer de le poignarder. Payac le comparaît déjà à un psychopathe en 1974.
En 1980, profitant d'une sortie de groupe, Brossard s'est évadé du pénitencier de Cowansville pour ensuite commettre une tentative de meurtre sur la personne de Marc Lapierre. Il l’a abandonné dans un boisé de Tracy le 12 juillet 1980, mais Lapierre a survécu à une balle dans le foie et à 13 coups de couteau. Brossard a aussitôt été accusé de tentative de meurtre, puis condamné, le 23 mars 1982, à 23 ans de prison.
En février 1987, on l’a remis en sémi-liberté. Il en a plutôt profité pour commettre une autre tentative de meurtre sur la conjointe d'un de ses codétenus. En 1988, on l’a condamné à la prison à perpétuité.
En février 2002, Brossard a obtenu une autre semi-liberté afin de lui permettre de séjourner à la maison de transition Radisson, à Trois-Rivières. Le ou vers le 30 avril 2002, alors qu'il bénéficiait d'un programme de réinsertion en travaillant comme bénévole à la résidence Cooke du Centre hospitalier de soins de longue durée de Trois-Rivières, il a agressé sexuellement Cécile Clément avant de l’assassiner. Il l’avait rencontré alors qu'elle faisait du bénévolat auprès de sa mère hospitalisée. Cécile Clément avait accepté que Brossard la reconduise chez elle, car elle « le trouvait fin ».
Le 4 mai 2002, Brossard a été appréhendé par la police et accusé de vol de véhicule, de séquestration, d'agression sexuelle armée, de possession d'une arme prohibée et du meurtre de Cécile Clément. Le 12 août 2003, il a été condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé 25 ans de sa peine.
Le 19 décembre 2003, le rapport d'une enquête entreprise pour savoir comment un criminel de la trempe de Brossard avait pu jouir de liberté conditionnelle, a blâmé la division québécoise des Services correctionnels du Canada qui, malgré un casier judiciaire chargé, n'avait fait aucune évaluation psychologique sérieuse pour déterminer s'il était un psychopathe.
[1] Compagnie de cigarettes.
[2] La Presse, 24 novembre 1971.
[3] Jacques Payac, « Un meurtre ignoble, un meurtrier sadique », Le Petit Journal, 14 juillet 1974.










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