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1971, 12 mars – Jean-Claude Rioux, 27 ans; Jacques Verrier, 35 ans; et André Vaillancourt, 36 ans

  • 15 déc. 2024
  • 3 min de lecture


Profit commercial – Arme à feu – Arme blanche

Montréal, Casa Loma, 94 est, rue Sainte-Catherine – 1 SC

Non élucidé. Julio Ciammaro, 28 ans; Joseph Tozzi, 45 ans; et Jos Di Maulo, 28 ans, condamnés, puis acquittés. Jean-Marc Morin, 32 ans, acquitté.

Dans la nuit du 12 mars 1971, vers 5h20, Jean-Claude Rioux, Jacques Verrier et André Vaillancourt ont été tués à l’intérieur de la boîte de nuit Casa Loma, situé au 94 est de la rue Sainte-Catherine. Les trois victimes avaient des antécédents judiciaires. Selon les policiers, ils n’étaient cependant pas considérés comme faisant partie de la pègre proprement dite.

Selon l’auteur Pierre de Champlain, spécialisé dans l’histoire du crime organisé au Québec, c’est Verrier qui était visé. Pour sa part, Vaillancourt était le gérant du bar et salle de danse surnommé le Jacques-Antonin. C’est d’ailleurs derrière ce bar qu’il a été retrouvé. Jean-Claude « Ti-Caille » Rioux a été égorgé. Il était l’amant de la danseuse Paulette Gingras. On croit qu’il se trouvait au Casa Loma parce qu’il venait voir Paulette. Il aurait donc été une victime tout à fait innocente dans l’affaire.

Après quelques jours d’enquête, les policiers ont arrêté Julio Ciamarro, 28 ans, gérant du Ceaser’s Palace, rue Hutchinson, Joseph Tozzi, 45 ans, et Jean-Marc Morin, 32 ans. Le quatrième suspect a été identifié comme étant Jos Di Maulo, 28 ans, homme de confiance et proche de Vincenzo et Frank Cotroni. Toutefois, Di Maulo venait tout juste de prendre la fuite en Floride.

Selon la reconstitution de l’enquête, Di Maulo, Ciamarro et Tozzi seraient arrivé au Casa Loma vers 4h30 et la fusillade aurait éclaté vers 5h00. Personne n’a osé contacter la police suite à la tuerie. En fait, c’est un policier du nom de Caron qui, une vingtaine de minutes plus tard, a compris qu’il se passait quelque chose au moment de voir des vitrines fracassée lors de sa patrouille. Selon l’auteur Daniel Proulx, Verrier devait 500$ à Morin. Les deux hommes se sont écartés vers le bar pour discuter, mais le ton a monté. Des mots disgracieux ont été échangés et la fusillade a éclaté.

Selon l’enquête du coroner, Vaillancourt a été tué d’une balle qui a sectionné son tronc cérébral. Sa joue gauche portait les traces du passage d’une autre balle. Verrier avait aussi été atteint de plusieurs projectiles. Quant à Rioux, on lui avait tranché la carotide. Au moment de clore son enquête, le 29 mars 1971, le coroner Laurin Lapointe a tenu Jean-Marc Morin criminellement responsable des meurtres de Rioux et Verrier. Finalement, il a manifesté l’intérêt d’entendre Jos Di Maulo comme témoin.

Sans doute d’après les bons conseils de son avocat, Di Maulo est rentré de Floride pour répondre aux questions du coroner. Non seulement il a tout nié, mais il a aussi choisi de faire semblant de ne plus se rappeler. Comme s’il avait été bien conseillé par son avocat, il faisait répéter les questions, ce qui a irrité le coroner.

En septembre 1971, Di Maulo, Tozzi et Ciamarro ont subi leur procès pour le meurtre de Rioux. Les trois hommes, suspectés de faire partie de la mafia, étaient défendus par les criminalistes Raymond Daoust, Léo-René Maranda et Sidney Leithman. Les trois hommes ont été reconnus coupables. Toutefois, la défense n’avait pas encore dit son dernier mot.

Lors du procès de Morin, le témoin vedette, Paulette Gingras, a soudainement changé le contenu de son témoignage. Plus tard, elle a avoué avoir été acheté par Morin pour dire ce qu’il voulait entendre. Ainsi, les trois autres accusés ont eu droit à un deuxième procès au terme duquel ils ont été acquittés.

En 1991, Me Leithman a été assassiné dans sa voiture décapotable. Son meurtre, tout comme celui des trois victimes du Casa Loma, n’a jamais été élucidé.

Dans la soirée du 4 novembre 2012, l’épouse de Jos Di Maulo a trouvé son mari effondré par terre dans la cour de leur résidence de Blainville. Di Maulo venait d’être abattu par un tueur à gage dont l’arme était vraisemblablement munie d’un silencieux. À 70 ans, Di Maulo était devenu un pilier important de la mafia montréalaise. Selon la presse, il aurait payé de sa vie son manque de loyauté envers la famille Rizzutto. En 2018, dans un livre écrit par sa fille, on apprend que Di Maulo, deux jours avant sa mort, avait eu une discussion plutôt animée avec Rizzuto, chef de la mafia montréalaise.


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