1978, 7 février – Michel Roy, 38 ans
- 21 juin 2025
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Meurtre par vengeance – Arme à feu
Montréal, Pointe-aux-Tremble, 208 de Normandie - 1 SC
Michel Tremblay et Gérald Gauthier, 36 ans, perpétuité.
Le 7 février 1978, Michel Roy a été abattu en face de chez lui alors qu’il dégageait la neige de son entrée. Dès qu’on a su que Roy était le directeur de l’établissement Archambault, l’histoire a commencé à s’éclaircir. « C’était d’ailleurs la première fois qu’un directeur de pénitencier était assassiné au Canada. »[1] Il pelletait devant chez lui lorsqu’il a été approché par trois hommes qui ont ouvert le feu. Atteint de 7 projectiles, Roy s’est effondré dans la neige.
Rapidement, il a été remplacé par Gérald Marineau au poste de directeur et déjà les médias soulignaient qu’il avait pu être victime du système de répression qu’il entretenait lui-même dans sa prison. “Le drame faisait suite à un long conflit entre l’administration et un comité de 15 prisonniers qui réclamaient sans cesse de meilleures conditions”.[2] Bref, il a été tué pour venger le traitement qu’il faisait subir à certains prisonniers. On a même parlé d’un ”résultat inévitable”.
La mort de Roy a suscité tellement d’émotion qu’on a demandé s’il était nécessaire de rétablir la peine de mort, qui avait officiellement été banni au Canada deux ans plus tôt.
En janvier 1982, le procès de Michel Tremblay et Gérald Gauthier a failli tourner au cirque, en particulier lors du témoignage de Bernard Provençal, un criminel notoire devenu délateur. Le lendemain, un certain Jacques Doyon est venu témoigner contre les deux accusés. Doyon, qui collaborait maintenant avec les policiers, a expliqué qu’en prison Gauthier et Tremblay se vantaient de leur exploit. Le soir du crime, Doyon était avec eux en face de la maison de Roy. “On allait là simplement pour vérifier l’adresse du directeur Roy”, a-t-il dit. C’est un dénommé Paul Pomerleau qui leur avait obtenu l’adresse du directeur. Quand ils ont vu Roy en train de passer sa souffleuse, ils sont allés vers lui. Doyon lui aurait dit de faire attention, qu’une voiture s’en venait, mais c’est alors que Tremblay a vidé son arme dans la tête de la victime. Doyon a ajouté qu’en remontant dans l’auto, ils ont entendu un “cri de mort”.
Toujours selon Doyon, Roy a été tué pour faire un exemple. Finalement, Gauthier et Tremblay ont été condamnés à perpétuité pour le meurtre de Roy, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.
[1] De Champlain, 2017.
[2] Le Soleil, 7 septembre 1979.




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