1997, 26 juin – Diane Lavigne
- 1 févr. 2025
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Meurtre par contrat/Homicide extrémiste cautionné par un groupe – Arme à feu
Montréal, Rivière-des-Prairies, Autoroute 15 Nord - ? SC
Stéphane Gagné deviendra délateur et avouera sa participation au meurtre, Maurice « Mom » Boucher, d’abord acquitté, puis coupable de meurtre.
Le 26 juin 1997, la gardienne de prison Diane Lavigne a terminé son quart de travail comme à l’habitude. Peu après sa sortie de la prison de Bordeaux, son lieu de travail, elle a été abattue par Stéphane « Godasse » Gagné, un tueur à gages improvisé qui prenait place sur une moto conduite par André « Toots » Tousignant. « […] les deux hommes suivent la gardienne Diane Lavigne, qui sort de la prison de Bordeaux au volant de sa minifourgonnette. Assis derrière, Tousignant et armé de deux revolvers, Gagné abat cette mère de famille sur l’autoroute 15 Nord, près du pont de la rivière des Prairies. Cette nuit-là, Godasse est incapable de trouver le sommeil. Il n’avait que « le goût de pleurer et de vomir », confiera-t-il à la psychiatre Michèle Roy en 2010. Mais il veut gravir les échelons et avoir ses patchs. Et on lui intime de recommencer le 8 septembre 1997. »[1]
À son retour de vacances dans le sud, pour lui permettre de s’éloigner un peu de la tension qui régnait alors à Montréal, Gagné a reçu les félicitations de Maurice « Mom » Boucher, qui lui dit : « C’est beau, mon Godasse, c’est pas grave si elle avait des totons […]. Quand on n’aura pu de screws à faire, on visera des juges et des procureurs de la Couronne. »[2]
Finalement, Gagné se transformera en délateur pour la police, ce qui permettra de déposer des accusations de meurtre contre Maurice Boucher dans les affaires de Diane Lavigne et du gardien Pierre Rondeau. Le 27 novembre 1998, le chef des Hell’s Angels a été acquitté, ce qui a provoqué une scène qui marquera plusieurs Québécois. Dans les médias télévisés, on le voyait sortir triomphant du palais de justice de Montréal.
Le 31 mars 1999, on l’a vu dans l’auditoire de l’émission Piment Fort, diffusée à TVA. « On le montre avec le sourire aux lèvres lorsqu’Alain Choquette lit la manchette suivante : « Les Hells Angels et les Rock Machine sont déstabilisées, selon Carcajou. »[3]
Pendant ce temps, toutefois, la procureure France Charbonneau investissait tous ses efforts pour faire casser le verdict d’acquittement, ce qu’elle finit par réussir. Un deuxième procès a donc été mis sur pied et cette fois, Boucher a été reconnu coupable. C’était la fin de son règne.
La motivation qui se cache derrière ce meurtre pourrait bien aller au-delà de toutes les catégories mentionnées dans le présent DHQ, car les meurtres de Diane Lavigne et de Pierre Rondeau (1997, 8 septembre) ont été motivé par le désir de Maurice Boucher à vouloir « tenter de « casser » l’État dans son assaut contre les Hell’s. […] Boucher envisage même de faire assassiner les proches de la famille de quiconque s’aventurerait à devenir délateur. »[4] La réelle motivation pourrait donc être teintée de mégalomanie et d’une folie des grandeurs qui n’avait encore jamais été vue dans l’histoire judiciaire du Québec. Ici, bien que l’exécution du crime ait été réalisé comme un meurtre par contrat, nous le classons également comme un homicide extrémiste cautionné par un groupe.
Pour le meurtre de Diane Lavigne, choisie au hasard, Boucher avait promis à Gagné de lui donner ses « couleurs ». Le 19 mars 1998, Stéphane Gagné, devenu délateur, plaide coupable à l’accusation du meurtre de Diane Lavigne. Il écopera d’un minimum de 15 ans de prison.
[1] Blanchet et al., Le livre noir des Hells Angels.
[2] Blanchet et al.
[3] Blanchet et al.
[4] De Champlain, 2017.









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